A UN CHEVEU PRÈS

Cet article s’adresse plutôt aux Raiponces et autres princesses parmi vous, les hommes peuvent le sauter… quoi que, si je pense à Conchita Wurst

wurst

Dans la rubrique « on ne gaspille RIEN » – avez vous déjà pensé à vos cheveux? Vous avez pris la décision de vous faire couper votre longue chevelure pour opter pour un look plus « garçonne ». Vous allez donc chez votre coiffeur préféré et demandez une coupe. Il s’applique et une fois la chose faite, voilà vos magnifiques mèches éparpillées par terre où une petite apprentie le balayera avant que la prochaine cliente arrive.

Et regardons maintenant ailleurs. Vers des femmes malades, obligées à subir des chimiothérapies ou autres traitements qui leur font perdre leurs cheveux. Si elles sont d’un milieu aisé, elle peuvent aller s’acheter une belle perruque en attendant que leur crâne se couvre à nouveau et une nouvelle chevelure commence à pousser. Mais toutes les femmes n’ont pas les moyens nécessaires mais ne souhaitent pas non plus ni d’assumer un crâne chauve, ni de porter un turban ou autre bonnet. Les cheveux restent dans l’imaginaire commun encore étroitement liés à la féminité, au désir, à la séduction (et cela non pas uniquement chez les musulmans!). Perdre ses cheveux est donc une expérience traumatisante pour une femme.

Sophie Bouxirot, une jeune femme en région parisienne, a donc créé en 2015 l’ association « Solidhair » qui récupère des cheveux pour les vendre ensuite à des perruquiers et avec cet argent soutenir les femmes atteintes d’un cancer qui ont des difficultés financières à se procurer une jolie perruque (la sécurité sociale ne rembourse que 125 euros ce qui est largement insuffisant).

pose-perruque

Un réseau de coiffeurs partout en France s’est mis en place et continue à le faire, qui soutient cette action. Sur leur site on explique comment il faut faire pour (faire) couper ses cheveux dans des conditions qui permettent ensuite aux perruquiers de les utiliser et aussi comment faire pour obtenir une aide financière.

Alors la prochaine fois quand l’envie vous prend de changer de look ou aussi quand vous décidez que ça devient trop enquiquinant de tresser chaque matin avant l’école les cheveux de votre fille – pensez à Solidhair et ne gaspillez plus une mèche!

DESIGN POUR RÉFUGIÉS

Ils ont tout ou presque tout perdu. Ils ont laissé derrière eux leurs maisons, leurs affaires, leurs souvenirs, souvent leurs familles et leurs amis. Ils s’embarquent au péril de leur vie dans un petit canoë précaire et échouent – s’ils ne se sont pas noyés en route – sur des plages en Grèce pour continuer de là leur éprouvant périple vers une vie plus paisible. Sur la plage restent les vestiges de leur passage: des zodiac abimés et des gilets de sauvetage dessinant une bande orangée…

Ce qui s’est souvent perdu lors du voyage ou ne tient plus, c’est les bagages, les sacs, valises et autres baluchons contenant le peu que l’on a pu emporter.

Deux initiatives prennent les choses en main. Des bénévoles hollandais, touchés par ce qu’ils ont vu à Lesbos et ailleurs, ont organisé des ateliers pour apprendre aux réfugiés comment fabriquer des sacs simples, solides et imperméables à partir de sangles des gilets et des coques en plastique des bateaux. Trois outils est tout dont on a besoin: des ciseaux, une poinçonneuse et une riveteuse!

Un autre projet dans le même esprit et en utilisant les mêmes matières premières est en train de se monter à l’aide d’un financement participatif sur Indigogo: NoBorders Backpack. Le collectif « Embassy for the Displaced », dont l’objectif est de développer des solutions pour les migrants, et qui est basé entre Londres, Athènes et Lesbos – où en hiver arrive un millier de personnes par jour (et encore bien plus en été) – souhaite établir une petite production de sacs à dos dans le camp de réfugiés autogéré à Mytilène. Les sommes récoltées serviront à acheter trois machines à coudre, du fil et des cordes élastiques, de verser un petit salaire aux locaux qui travaillent dans cette structure et aussi de développer d’autres produits pour les réfugiés.

Face au désespoir mais aussi au courage des gens qui sont forcés à quitter tout et se trouvent confrontés à l’hostilité de certaines franges de la population européenne tout comme à l’incapacité des gouvernements et institutions de gérer correctement et avec empathie cette crise il est à la société civile de se mobiliser – et heureusement elle le fait comme le prouvent des projets et initiatives un peu partout!

BÂCHE DEVIENT SAC DEVIENT BÂCHE DEVIENT…

Quatre frères, Frank et Patrik Riklin, artistes suisses déjantés et Markus et Daniel Freitag, graphistes et fabricants de sacs cultes ont investi ensemble le Musée de Design et d’Arts appliqués Contemporains (MUDAC) de Lausanne pour l’exposition  » Freitag ad absurdum ».

Les quatre frangins partagent une attitude commune sur les thèmes importants pour nos sociétés tels que l’exploitation des ressources et les façons d’interaction sociale dans l’espace public.

mudac

L’histoire de l’entreprise des frères Freitag débute en 1993 quand ils cherchent un sac solide et étanche pour les accompagner lors de leurs déplacements en vélo, souvent sous la pluie. C’est les bâches des camions colorées qui leur tapent à l’oeil et semblent prédestinées à leur usage. Ils découpent alors un sac messager dans une bâche récupérée, y ajoutent une vieille ceinture de sécurité comme bandoulière et utilisent des chambres à air de vélo pour les coutures. Aujourd’hui ils emploient 160 personnes dans la production de toute une gamme de sacs dans le même esprit – 300.000 unités par an qui recyclent 300 tonnes de bâches, 15.000 chambres à air de vélo et 130.000 ceintures de sécurité! Une « success story »  à la Suisse!

Pour le Musée les frères Riklin ont fait appel aux usagers des sacs des frères Freitag pour leur proposer une action qui pousse jusqu’à l’absurde le processus: les sacs usés sont récoltés et transformés à nouveau en bâche pour camion. Cette bâche est à son tour transformée à nouveau pour en faire des objets insolites: une exagération ironique du recyclage à l’infini et un manifeste sur notre société de consommation.

sacs
(c) Friklin

L’expo est encore visible à Lausanne jusqu’à la fin du mois de février

UN PEU DE DOUCEUR…

…dans ce monde de violence.

Le son est cristallin, doux, mélodieux, il est comme une caresse qui apaise et réconforte. Ce son sort d’un drôle d’instrument, en métal légèrement bombé, pourvu de trous et d’incisions que l’on joue en le frappant doucement des mains.

Les inventeurs du Butadum (8 à 9 notes) et du Butito (6 notes) sont Nicolas Buclin et Leandro Scarano, facteur d’instruments le premier et musicothérapeute et psychologue le deuxième. En 2012 ils ont créé à Marseille l’association NoBémol qui a pour but de fabriquer (et de vendre) leurs instruments et de proposer des ateliers de découverte et de musicothérapie dans des écoles, des centres sociaux, des hôpitaux, des maisons de retraite.

butadrum

Leur démarche c’est favoriser la création, la réduction de déchets et leur transformation, leur « upcycling ». Comment cela? Parce que Butadrum et Butito sont faits à partir de bouteilles de gaz vides!

C’est magique de voir la transformation d’une banale bouteille de Butagaz en percussion qui enchante l’auditeur. Et c’est justement le son doux et clair qui aide à se détendre, à baisser le stress, à se laisser emporter dans un monde loin des bruits et des tensions dans lequel nous devons vivre. Mais regardez et écoutez ce vidéo: https://youtu.be/DSZy3s8Db14

Voici le site de NoBémol pour tout savoir sur les instruments!