CAMILLE, TU VEUX PAS UNE BOULE VANILLE?

C’est l’été, il fait chaud (au moins à Marseille) et on mange des glaces. En Indonésie aussi on mange des glaces et on en a mangé pas mal pour procurer sa matière première à l’architecte Florian Heinzelmann!

Ce jeune architecte d’origine allemande a remarqué au fil de ses voyages en Indonésie que beaucoup de villages manquent d’un espace commun. En s’appuyant sur son agence de design Shau basée au Pays Bas il a donc décidé de créer une petite bibliothèque communale dans le village de Bandung. Il souhaitait offrir aux villageois un espace pour se réunir, aux jeunes un moyen de découvrir la littérature et à tout le monde un lieu pour bouquiner paisiblement et passer un temps agréable ensemble.

2000 conteneurs de crème glacée étaient nécessaire pour construire un très joli bâtiment aux lignes épurées. Utiliser ces récipients était pour Florian Heinzelmann aussi un moyen pour démontrer que l’on peut, non doit!, réutiliser des déchets plastiques qui représentent en Indonésie comme partout un vrai fléau pour l’environnement.

010_shau_miclib front morning

Utilisant les fonds et les ouvertures des conteneurs comme un langage informatique (les fonds correspondent à 1 et les hauts à 0) il a inscrit sur les murs en code binaire « Books are the windows to the world » (Livres sont des fenêtres sur le monde).

Après avoir monté un escalier on arrive dans la bibliothèque avec ses étagères et bancs en bois tandis que les murs dont le plastique est semi transparent laissent filtrer la lumière du jour créant une ambiance apaisante et douce.

to-enter-the-elevated-library-visitors-need-to-climb-the-steps

Temps de quitter l’Indonésie et d’aller chez Vanille Noire pour manger un sorbet au gingembre 🙂

J -2

Encore deux jours pour se ruer sur des sacs en plastique avant qu’ils seront voués à disparaître. Vraiment? Pas si sûr que ça…

Il était une fois une loi avec un beau titre bien ronflant, la « loi relative à la transition énergétique et à la croissance verte » qui a donné naissance le 30 mars 2016 à un petit décret. Et qu’est ce qu’il prévoit ce petit décret? Rien de moins que la fin, la mort, la disparition des sacs plastiques non réutilisables!

D’abord c’est fini avec la mise à disposition des sacs de caisse, ces poignées de sacs généreusement offertes par les gentilles caissières et avidement empochées par pas mal de CONsommateurs. Interdit désormais le vilain sac d’une épaisseur de moins de 50 micromètres (µm), peu importe qu’il soit gratuit ou payant.

Les prochains sur la liste des futurs disparus sont à partir du 1er janvier 2017 les sacs d’emballage que l’on trouve dans des rayons fruits et légumes, chez fromagers ou bouchers.

Mais pour permettre quand même au pauvre consommateur qui n’a toujours pas compris qu’il devrait mettre un filet dans son sac à main, se munir d’un cabas, couffin ou autre panier à remplir son frigo, voilà ce que l’on lui propose comme trouvaille: à coté de sacs en papier, carton ou tissu, des sacs compostables d’une épaisseur supérieure à 50 µm constitués pour tout ou en partie de matières biosourcées (!). La teneur minimum en cette fameuse « matière biosourcée » doit s’élever au début à 30% pour arriver en 2025 à 60% .

Biosourcé… Joli nom pour un concept qui marche sur la tête! Car sac en matière biosourcé veut dire que l’on utilise pour sa fabrication du végétal: pommes de terre, maïs, canne de sucre, manioc… C’est bien! Dans un monde qui a déjà du mal à nourrir une population de plus en plus nombreux on va accaparer des terres agricoles pour faire pousser des plantes pour en fabriquer des sacs jetables!! C’est aussi débile (pardon!) comme l’idée du biocarburant. On va laisser crever des gens de faim pour que les nantis peuvent emporter leurs emplettes dans des sacs en « matière biosourcée » et rouler dans une bagnole qui carbure au biodiesel…

Est-ce qu’il faut rire ou pleurer de ces « innovations »??

images

MAROC SANS MIKA

A quelques mois de l’organisation de la COP 22 au Maroc, une loi entre en vigueur pour interdire définitivement l’utilisation de sacs en plastique, les fameux « mika » dont le pays est un de plus grands utilisateurs.

La loi n°77-15 interdisant la fabrication, l’importation, l’exportation, la commercialisation et l’utilisation des sacs en plastique, adoptée en novembre dernier par les deux chambres, entrera en vigueur le 1er juillet 2016. Certains sacs en plastique, comme les sacs de récolte d’ordures ou ceux à usage agricole et industriel continueront de circuler.

Du 24 au 26 juin une grande campagne de ramassage de sacs aura lieu dans le pays entier. « Zéro Mika », lancé par la Coalition marocaine pour la justice climatique vise à sensibiliser la population sur les risques pour l’environnement et donc pour la santé par cette pollution.

En l’absence d’une politique de recyclage efficace, une grande partie de ces sacs se retrouve dans la nature, polluant les sols et s’infiltrant dans les nappes phréatiques au fur et à mesure de leur décomposition », indique la Coalition dans un communiqué. « Outre les conséquences visibles sur l’environnement, les sacs plastiques représentent un danger réel pour la santé humaine à plus d’un titre. Ils comportent en effet un risque chimique, notamment à cause des substances nocives qu’ils contiennent », ajoute-t-elle.

Sur Twitter, Facebook et ailleurs on trouve alors des photos et messages louant cabas et couffins qui ont autrefois très bien remplis la fonction des maudits sacs en plastique. Même le Président du Conseil national des Droits de l’Homme, Driss El-Yazami, prend la pose sur son profil Twitter en brandissant son couffin sous le hashtag #ZeroMika.

o-DRISS-EL-YAZAMI-570

Très actif pour le remplacement des sacs en plastique est une fois de plus l’association des Surfrider Maroc, toujours engagée pour l’environnement et sa préservation.

13516650_1155387727916307_1355345230371760861_n

 

 

Espérons que la France se montre aussi engagée pour supprimer ce fléau!

MANGE TA CUILLÈRE!

Voilà ce que les mamans indiennes peuvent maintenant dire à leurs gamins.

Les couverts jetables sont – curieusement – un des grands problèmes de déchets en Inde. Plastique est de toute façon un fléau dans un pays où les 60 grandes villes produisent  15.000 tonnes de déchets plastiques par jour. Ces déchets atterrissent ensuite dans les caniveaux qu’ils bouchent ce qui provoque des inondations…

Change is inevitable. Before this change can overtake and overwhelm us, we should be the instruents of change (Le changement est inévitable. Soyons les instruments de ce changement avant que celui-ci nous dépasse et nous écrase)

L’homme dont c’est la devise est Narayana Peesapathy. Chercheur à l’International Crops Research Institute for the Semi Arid Tropics (CRISAT) et à l’International Water Management Institut, collaborateur à l’Andhra Pradesh Water Land Tree Act, ce scientifique a décidé de créer son propre entreprise pour développer des solutions innovantes qui répondent aux problématiques environnementales croissantes. S’investir dans l’écologie n’est pour lui pas contradictoire avec un modèle économique profitable.

Sa société Bakeys a donc lancé des couverts comestibles. Les cuillères et fourchettes sont fabriqués à base de millet – une culture très économe en eau – de riz et de blé. Ni colorant, ni conservateur sont ajoutés mais des épices (sucre, gingembre, poivre, ail…) pour rendre les couverts agréables à manger.

Si toutefois un couvert n’est pas croqué mais jeté, il se décompose en moins d’une semaine, bien stocké il se garde pendant trois ans. Et oui, on peut aussi l’utiliser pour des liquides (sans les laisser tremper trop longtemps).

Alors pour nos piqueniques en été…. Chéri, tu me sers une petite cuillère au cumin pour l’apéro?

 

UNE BOUTEILLE PAR TERRE

On a déjà vu des vidéos comme ça, mais on ne boude pas notre plaisir d’en voir encore un autre… Cette fois ci c’est au Canada

L’HOMME PLASTIQUE DU SÉNÉGAL

C’est Modou Fall, ancien vendeur de rue, artiste, musicien et citoyen qui se bat pour éveiller les consciences dans son pays. Et son costume est pour quelque chose dans son combat….

EUROPE VS. SACS EN PLASTIQUE

Partout en Europe (et ailleurs) les sacs en plastique posent un problème pour l’environnement et finalement pour la santé publique. Une riposte à ce fléau commence à se mettre en place et cela par différents moyens… Petit tour chez les voisins:

En  Tunisie aussi la guerre est déclarée aux sacs plastiques à utilisation unique – normalement ils seront interdits sous peu – et un groupe très actif sur Facebook se mobilise pour faire changer les mentalités en dénonçant l’incivisme.

Tout le monde peut participer à réduire ce déchet, même sans attendre lois et décrets!

LE GRAND BLEU… 2016

Rien à ajouter. Ou si: signez la pétition « Stop plastic in the sea« !

 

BÂCHE DEVIENT SAC DEVIENT BÂCHE DEVIENT…

Quatre frères, Frank et Patrik Riklin, artistes suisses déjantés et Markus et Daniel Freitag, graphistes et fabricants de sacs cultes ont investi ensemble le Musée de Design et d’Arts appliqués Contemporains (MUDAC) de Lausanne pour l’exposition  » Freitag ad absurdum ».

Les quatre frangins partagent une attitude commune sur les thèmes importants pour nos sociétés tels que l’exploitation des ressources et les façons d’interaction sociale dans l’espace public.

mudac

L’histoire de l’entreprise des frères Freitag débute en 1993 quand ils cherchent un sac solide et étanche pour les accompagner lors de leurs déplacements en vélo, souvent sous la pluie. C’est les bâches des camions colorées qui leur tapent à l’oeil et semblent prédestinées à leur usage. Ils découpent alors un sac messager dans une bâche récupérée, y ajoutent une vieille ceinture de sécurité comme bandoulière et utilisent des chambres à air de vélo pour les coutures. Aujourd’hui ils emploient 160 personnes dans la production de toute une gamme de sacs dans le même esprit – 300.000 unités par an qui recyclent 300 tonnes de bâches, 15.000 chambres à air de vélo et 130.000 ceintures de sécurité! Une « success story »  à la Suisse!

Pour le Musée les frères Riklin ont fait appel aux usagers des sacs des frères Freitag pour leur proposer une action qui pousse jusqu’à l’absurde le processus: les sacs usés sont récoltés et transformés à nouveau en bâche pour camion. Cette bâche est à son tour transformée à nouveau pour en faire des objets insolites: une exagération ironique du recyclage à l’infini et un manifeste sur notre société de consommation.

sacs
(c) Friklin

L’expo est encore visible à Lausanne jusqu’à la fin du mois de février

UN PRESSENTIMENT D’APOCALYPSE

Nous nous croyons tous dans un monde globalisé: informations et actualités sont diffusées partout en l’espace de quelques secondes grâce à nos satellites et à Internet. Il en va tout autrement pour ce qui concerne l’un des plus grands problèmes écologiques actuels: la pollution de nos mers par le plastique. Pendant des décennies, subrepticement et silencieusement, d’énormes gyres de déchets se sont formés, dont le premier n’a été décrit qu’en 1997 par le capitaine Charles Moore. Durant l’été 2009 est paru dans Folio, le supplément mensuel de la NZZ (Neue Züricher Zeitung), un article impressionnant sur ce sujet: «Eine Ahnung von Apokalypse» (un pressentiment d’apocalypse). Depuis que je l’ai lu, je suis tourmenté. Je décide de consacrer une grande exposition à cette catastrophe. Sur la fin du design et sur ce que nous laisserons à nos enfants. Une exposition sur l’archéologie du futur.
(Christian Brändle, directeur du Museum für Gestaltung Zürich)

Et Christian Brändle l’a fait!

C’est en 2009 que son idée d’exposition, le Plastic Garbage Project, commence à prendre forme. Vu que la Suisse n’est quand même pas directement au bord de la mer, l’équipe cherche des partenariats et un an plus tard, en 2010, deux caisses remplies de plastiques flottantes arrivent de Hawaï, île particulièrement exposé à cette pollution suite aux courants prédominants. Les étudiants commencent alors un travaille scientifique habituellement réservé aux vestiges archéologiques pour déterminer les dégradations infligées par les vents, l’eau et les rayons UV sur ces objets.

En 2011 une coopération avec AWARE, une organisation internationale de plongeurs engagée pour la protection des requins et contre la pollution des océans, se met en place et une nouvelle campagne de ramassage  sur un petit îlot inhabité de Hawaï permet aux 30 participants de ramasser 4,6 tonnes de plastique en 4 jours. D’autres groupes envoient également leurs trouvailles de la mer Baltique, de l’océan Indien et de la mer du Nord. L’équipe du musée n’est pas en reste – selon les chiffres de l’Office fédéral de l’environnement chaque Suisse jette 120 kg de matières plastiques par an…

Museum-fuer-Gestaltung-Plastic-Garbage-01

Le musée réussit la même année à trouver un soutien de poids en la fondation Drosos qui permet alors à envisager une exposition itinérante de grande ampleur pour parler de cette problématique non seulement en Europe mais aussi dans le mode arabe. Le scénographe Alain Rappaport a en charge de développer une scénographie facilement modulable et transportable et le plus écologique possible. Sa scéno, évoquant quelque chose entre un radeau et un supermarché, se base sur des modules en palettes légers et pliables qui permettent à l’exposition de tenir dans un seul conteneur.

En février 2012 après un long voyage, après avoir traverser le canal de Panama, l’océan Atlantique et le Rhin les déchets de Hawaï arrivent à Zurich et le montage de l’exposition peut commencer.

Après une première à Zurich au Museum für Gestaltung, le Plastic Garbage Projet commence à parcourir le monde entre Aalborg au Danemark et Göteborg en Suède, Graz en Autriche et Vigo en Espagne, Hambourg en Allemagne et Tampere au Finlande, Alexandrie en Égypte et Amman en Jordanie, Casablanca au Maroc,  Beyrouth au Liban  jusqu’à Hongkong et… à Marseille!

La Villa Méditerranée accueille du 1er mars au 23 avril « La mer, destination finale? Projet sur les déchets plastiques« . L’exposition s’accompagne d’ateliers et de visites avec des partenaires comme la Surfrider Foundation ou #1pieceofrubbish etc. Le 18 mars et le 14 avril il y aura des tables rondes et le 21 avril une journée du film sur l’environnement.

villa_-_out_to_sea_-_v9