PARCE QU’ILS LE VALENT BIEN

Non, l’Oréal n’a rien à faire avec ce qui suivra. Tant pis pour la multinationale qui ne sait pas ce qu’elle rate!

Je souhaite vous parler ici d’une école de la deuxième chance, le PIL – Pôle Innovant Lycéen de l’Académie de Paris. Ici on accueille des jeunes en rupture scolaire (collège/lycée)  qui souhaitent quand même reprendre leurs études. On leur propose une approche nouvelle, on implique les parents, on adapte l’enseignement à leurs intérêts et projets.

Une de ces écoles est le lycée de la Solidarité Internationale qui ouvre ses portes aux élèves qui manifestent un intérêt pour la découverte d’autres cultures, l’aide aux autres, ainsi qu’au développement durable. Pendant une année ils participent aux activités pédagogiques, réfléchissent à leur futur projet de formation et d’orientation (filières générales, technologiques) ou d’insertion dans la vie active.

Pour inciter les élèves à renouer avec une scolarité qui les intéresse, ce lycée propose une année centrée sur la solidarité internationale, autour de la découverte (théorique et pratique) des problèmes de développement, l’engagement dans un collectif solidaire, la construction d’un projet personnel.

Par l’étude et la réalisation d’actions dans le domaine des énergies renouvelables et de l’accès à l’eau, les élèves reprennent un ensemble d’activités intellectuelles. Les savoirs théoriques sont appliqués lors d’actions associatives, de rencontres, et donnent lieu à un stage de solidarité internationale à l’étranger avec une ONG. Par la construction d’un collectif qui se prend en charge pour la vie au lycée comme pour les actions extérieures, les élèves renouent avec une « utilité sociale » et une valorisation de leurs études. Ces actions permettent de tester et de définir un projet de formation ou de poursuite d’études vers lequel l’équipe accompagne chaque élève.

Après une matinée consacrée aux cours, l’après midi les jeunes se retrouvent dans un atelier où, accompagnés par le collectif Beauty Garage, ils apprennent à valoriser les déchets, les recyclent, les réparent. Dans cette Recyclerie scolaire où l’on peut déposer des objets dont on ne se sert plus, les jeunes apprennent à désosser un ordinateur pour récupérer les pièces, à construire un décor à partir de planches et bois récupérés, à retaper des meubles ou à réparer des vélos. Les objets sont ensuite vendus à des prix modiques pour récolter de l’argent pour des projets solidaires. Actuellement un projet est en route pour aller au Maroc et y réparer le mobilier d’une école.

« On se donne à 100% pour financer ce projet. On va rendre ces collégiens heureux en changeant leur matériel ! », se réjouit Maguirassy.

C’est motivant et gratifiant, ça donne envie de s’investir, ça aide des jeunes à (re)trouver leur voie.

« Je ne compte pas aller vers un métier manuel mais ce lycée m’a donné la force de reprendre les cours. L’an prochain, j’aimerais faire une seconde professionnelle « gestion et administration »« , dit Maguirassy, les pieds dans la sciure.

Quelle belle initiative, porteuse d’espoir pour des jeunes en difficulté!

Pour en savoir plus: un article sur Yess et le site du PIL

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L’HOMME PLASTIQUE DU SÉNÉGAL

C’est Modou Fall, ancien vendeur de rue, artiste, musicien et citoyen qui se bat pour éveiller les consciences dans son pays. Et son costume est pour quelque chose dans son combat….

HAMBOURG MONTRE LA VOIE

Tout le monde peut, non doit participer à une meilleure gestion des déchets et surtout à leur évitement. Mais ça va encore mieux si des grandes structures montrent l’exemple.

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250 millions d’euro c’est la dépense annuelle de la ville de Hambourg (1,7 millions d’habitants) pour l’achat de marchandises et services. Le sénat de la ville (le gouvernement local) a décidé que la ville doit elle aussi mettre un signe fort pour l’environnement et a élaboré un catalogue de 150 pages pour définir les critères écologiques qui devraient à l’avenir guider tout achat. Ceci commence par le papier pour les imprimants, le café ou les ampoules jusqu’aux voitures de service dont le pourcentage de voitures électriques doit augmenter de 24% à 50% en 2020, c’est à dire 186 voitures (en comparaison: la ville de Marseille, 850.000 habitants, dispose d’un parc de 2.000 voitures! Combien d’entre elles sont électriques…?).

Dans ce petit catalogue « révolutionnaire » les édiles prennent en compte les possibilités et le coût de réparations, la possibilité du recyclage, les emballages, la durée de vie des objets, leur impact sur le climat ou encore la consommation de matières premières. Plusieurs produits sont désormais bannis des bureaux de l’administration: machines à café qui fonctionnent avec des capsules an aluminium (M Clooney va être déçu!), de l’eau minéral en bouteilles plastiques, de la vaisselle jetable ou des produits d’entretien contenant de la chlore…

Jens Kerstan, sénateur en charge de l’environnement remarque: « Notre manière d’acheter est un signal important vers l’industrie et les particuliers pour les inciter de faire encore plus attention aux conséquences d’une acquisition et à l’histoire qui se cache derrière un produit. (…) Notre objectif est d’augmenter significativement la proportion de produits écologiques et de participer ainsi à la protection de notre climat. »

L’exemple de Hambourg va certainement inspirer d’autres grandes villes – et j’espère pas uniquement allemandes – à faire preuve de responsabilité et d’une vraie volonté politique dans ce domaine.

 

JE SUIS UNE ORDURE

Bravo pour ce court métrage dans le cadre du Nikon Film Festival! Et merci à Edmund Platt (« 1 Piece of Rubbish ») pour me l’avoir fait découvrir!

http://www.festivalnikon.fr/video/2015/1307

L’EFFET MAGUFULI

Les actions du nouveau président de Tanzanie, John Magufuli, au pouvoir depuis ce novembre, enthousiasment (et amusent) pas seulement la population de son pays mais aussi celles d’autres états africains.

Décidé à lutter contre la corruption et le gaspillage de l’argent public Monsieur le président n’a pas seulement strictement limité les déplacements des membres de son gouvernement et interdit les billets en classe d’affaire, il tient ses réunions désormais dans des bâtiments publics au lieu des hôtels de luxe. Terminées aussi les somptueuses fêtes pour célébrer le 9 décembre l’indépendance du pays et leurs défilés militaires. Pour les remplacer John Magufuli a invité ses compatriotes à…. ramasser les ordures dans les espaces publics.

Travaillons ensemble pour garder notre pays, nos villes, nos maisons et nos lieux de travail propres!

Tel était le message du président en se retroussant les manches pour ramasser personnellement à la main feuilles mortes et détritus autour du marché aux poissons de Dar-es-Salaam. Son prédécesseur, Jakaya Kikwete, qui se dit très fier de son successeur, n’a pas chômé non plus et a balayé dans sa ville natale, Chalinze.

Les efforts de Magufuli sont appréciés – même si la twittosphère se moque gentiment de ses mesures d’économie sous le hashtag #WhatwouldMagufulido (que ferait Magufuli à ma place) – car l’argent économisé sera investi dans les infrastructures, les aides sociales et la lutte contre la choléra.

Chapeau M Magufuli!

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TERMINATOR À ORAN

Il a été Mr Muscle mais fume des gros cigares, il fait parti des Républicains (américains) mais était mariée à une fille du clan Kennedy, il est d’origine autrichienne mais était gouverneur de la Californie – bref « Schwarzy » est un homme à multiple facettes. « Conservateur sur le plan fiscal, modéré sur le plan social et progressiste sur le plan environnemental » c’est ainsi que  décrit le quotidien du centre gauche, le San Francisco Chronicle, Arnold Schwarzenegger. Parmi ses engagements pour l’environnement il y a une loi pour limiter les émissions de gaz à effet de serre promulguée en 2006 et que l’industrie pétrolière a essayé – en vain – de torpiller. Il y a aussi le lancement d’un programme de formation de jeunes en difficulté aux métiers verts en 2009, le California Green Corps, ou son engagement contre le barrage de Belo Monte en 2011.

Peu de temps avant de quitter ses fonctions de gouverneur  « le Chêne autrichien » a fondé en 2010 l’ONG R20: R comme « Régions » et 20 en allusion au G20. La particularité de cette organisation est d’intervenir au niveau des régions qui lui semblent les mieux placées pour  la mise en pratique d’une économie verte car c’est au niveau des régions que l’on connait le mieux les ressources et problématiques des territoires. Les régions peuvent ainsi passer aux actes sans attendre des (hypothétiques) accords internationaux . Ceci permet aussi des « projets pilotes » qui peuvent ensuite s’appliquer nationalement voire internationalement.

Fidèle à cette idée, R20 a ouvert son bureau méditerranéen en 2013 à Oran pour transformer la ville en « laboratoire » sur trois thématiques: l’économie d’énergie, le développement durable et la valorisation des déchets. C’est le tri sélectif qui a été mis en place en premier. Dans deux quartiers – Haï Akid Lotfiet et la Cité des 1.377 logements AADL – les habitants trient depuis avril 2015 leurs déchets:  dans les conteneurs verts, les déchets organiques, dans les gris à couvercle jaune, les déchets recyclables. Trois autres quartiers ont depuis rejoint le programme.

Bien qu’il soit prématuré pour évaluer l’impact de ce projet-pilote, l’ONG écologique estime que les premiers résultats sont encourageants. “L’un des indicateurs, qui nous permet de savoir si le projet est en train de réussir, c’est la quantité de déchets relevés dans chaque bac. Dans les poubelles grises, on a pu récolter jusqu’à 90% de déchets recyclables”, se réjouit Anes Houari, responsable de la communication de R20 Med. (Algerie-Focus.com)

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L’équipe mise surtout sur la pédagogie et la sensibilisation des habitants tout en s’appuyant sur le soutien du wali d’Oran. Abdelghani Zaalane, qui a été nommé vice-président de R20-Afrique du Nord, a la ferme volonté de développer la ville dOran et d’en faire une vraie métropole méditerranéenne, ouverte et cosmopolite. Cette implication des autorités est indispensable pour avancer dans la protection de l’environnement et porte ses fruits. La wilaya a par exemple mis en place un comité de suivi du tri sélectif et voté un budget de 55 millions de DA, destinés à l’achat de conteneurs collectifs.

Un signe encourageant de la prise de conscience pour la protection de l’environnement par les jeunes était aussi une grande opération de nettoyage à l’île plane cette été ou la mise en place d’une formation de jeunes (souvent de filles) au métier d’écoguides, dont la première promotion compte une trentaine de jeunes gens prêts à faire découvrir – et de protéger – les espaces naturels autour d’Oran!

 

 

UNE SEMAINE POUR LA PLANÈTE

Lundi, cultivez votre gourmandise

Pour bien commencer la semaine, vous pouvez cuisiner vos restes de repas ou vos aliments dans leur totalité en concoctant des smoothies ou des compotes par exemple avec des fruits en fin de vie. Par ce geste simple et gourmand, vous contribuez à la réduction du gaspillage alimentaire. Pour 1 tonne de nourriture qui ne part pas à la poubelle, ce sont 4 tonnes d’émissions de CO2 évitées [soit 80 aller-retours Paris / Londres en avion]

Et pour savoir que faire les autres jours de la semaine, c’est ici: Zero Waste France