LE CHASSEUR DE MÉGOTS

PLV_cendriers_1-02-02

Blogstory vous invite à rencontrer un Monsieur qui veut que ça bouge Lire la suite

UN PRESSENTIMENT D’APOCALYPSE

Nous nous croyons tous dans un monde globalisé: informations et actualités sont diffusées partout en l’espace de quelques secondes grâce à nos satellites et à Internet. Il en va tout autrement pour ce qui concerne l’un des plus grands problèmes écologiques actuels: la pollution de nos mers par le plastique. Pendant des décennies, subrepticement et silencieusement, d’énormes gyres de déchets se sont formés, dont le premier n’a été décrit qu’en 1997 par le capitaine Charles Moore. Durant l’été 2009 est paru dans Folio, le supplément mensuel de la NZZ (Neue Züricher Zeitung), un article impressionnant sur ce sujet: «Eine Ahnung von Apokalypse» (un pressentiment d’apocalypse). Depuis que je l’ai lu, je suis tourmenté. Je décide de consacrer une grande exposition à cette catastrophe. Sur la fin du design et sur ce que nous laisserons à nos enfants. Une exposition sur l’archéologie du futur.
(Christian Brändle, directeur du Museum für Gestaltung Zürich)

Et Christian Brändle l’a fait!

C’est en 2009 que son idée d’exposition, le Plastic Garbage Project, commence à prendre forme. Vu que la Suisse n’est quand même pas directement au bord de la mer, l’équipe cherche des partenariats et un an plus tard, en 2010, deux caisses remplies de plastiques flottantes arrivent de Hawaï, île particulièrement exposé à cette pollution suite aux courants prédominants. Les étudiants commencent alors un travaille scientifique habituellement réservé aux vestiges archéologiques pour déterminer les dégradations infligées par les vents, l’eau et les rayons UV sur ces objets.

En 2011 une coopération avec AWARE, une organisation internationale de plongeurs engagée pour la protection des requins et contre la pollution des océans, se met en place et une nouvelle campagne de ramassage  sur un petit îlot inhabité de Hawaï permet aux 30 participants de ramasser 4,6 tonnes de plastique en 4 jours. D’autres groupes envoient également leurs trouvailles de la mer Baltique, de l’océan Indien et de la mer du Nord. L’équipe du musée n’est pas en reste – selon les chiffres de l’Office fédéral de l’environnement chaque Suisse jette 120 kg de matières plastiques par an…

Museum-fuer-Gestaltung-Plastic-Garbage-01

Le musée réussit la même année à trouver un soutien de poids en la fondation Drosos qui permet alors à envisager une exposition itinérante de grande ampleur pour parler de cette problématique non seulement en Europe mais aussi dans le mode arabe. Le scénographe Alain Rappaport a en charge de développer une scénographie facilement modulable et transportable et le plus écologique possible. Sa scéno, évoquant quelque chose entre un radeau et un supermarché, se base sur des modules en palettes légers et pliables qui permettent à l’exposition de tenir dans un seul conteneur.

En février 2012 après un long voyage, après avoir traverser le canal de Panama, l’océan Atlantique et le Rhin les déchets de Hawaï arrivent à Zurich et le montage de l’exposition peut commencer.

Après une première à Zurich au Museum für Gestaltung, le Plastic Garbage Projet commence à parcourir le monde entre Aalborg au Danemark et Göteborg en Suède, Graz en Autriche et Vigo en Espagne, Hambourg en Allemagne et Tampere au Finlande, Alexandrie en Égypte et Amman en Jordanie, Casablanca au Maroc,  Beyrouth au Liban  jusqu’à Hongkong et… à Marseille!

La Villa Méditerranée accueille du 1er mars au 23 avril « La mer, destination finale? Projet sur les déchets plastiques« . L’exposition s’accompagne d’ateliers et de visites avec des partenaires comme la Surfrider Foundation ou #1pieceofrubbish etc. Le 18 mars et le 14 avril il y aura des tables rondes et le 21 avril une journée du film sur l’environnement.

villa_-_out_to_sea_-_v9

JE SUIS UNE ORDURE

Bravo pour ce court métrage dans le cadre du Nikon Film Festival! Et merci à Edmund Platt (« 1 Piece of Rubbish ») pour me l’avoir fait découvrir!

http://www.festivalnikon.fr/video/2015/1307

UN PEU DE DOUCEUR…

…dans ce monde de violence.

Le son est cristallin, doux, mélodieux, il est comme une caresse qui apaise et réconforte. Ce son sort d’un drôle d’instrument, en métal légèrement bombé, pourvu de trous et d’incisions que l’on joue en le frappant doucement des mains.

Les inventeurs du Butadum (8 à 9 notes) et du Butito (6 notes) sont Nicolas Buclin et Leandro Scarano, facteur d’instruments le premier et musicothérapeute et psychologue le deuxième. En 2012 ils ont créé à Marseille l’association NoBémol qui a pour but de fabriquer (et de vendre) leurs instruments et de proposer des ateliers de découverte et de musicothérapie dans des écoles, des centres sociaux, des hôpitaux, des maisons de retraite.

butadrum

Leur démarche c’est favoriser la création, la réduction de déchets et leur transformation, leur « upcycling ». Comment cela? Parce que Butadrum et Butito sont faits à partir de bouteilles de gaz vides!

C’est magique de voir la transformation d’une banale bouteille de Butagaz en percussion qui enchante l’auditeur. Et c’est justement le son doux et clair qui aide à se détendre, à baisser le stress, à se laisser emporter dans un monde loin des bruits et des tensions dans lequel nous devons vivre. Mais regardez et écoutez ce vidéo: https://youtu.be/DSZy3s8Db14

Voici le site de NoBémol pour tout savoir sur les instruments!

 

 

SELFIE AVEC DÉCHET

« Made in Marseille » (http://madeinmarseille.net/) présente chaque semaine un portrait publié par le groupe Facebook « Humans of Marseille »  qui à son tour donne la parole à une personne au hasard des rencontres. Une de ces personnes présentées est le néo-Marseillais, Edmund Platt.

Originaire de Leeds en Angleterre il est arrivé à Marseille en 2011.

Tous mes amis qui n’avaient jamais mis les pieds dans la ville me demandaient : « Mais pourquoi Marseille ? » et je leurs répondais sarcastiquement : « C’est une ville sale et je suis un sale mec », avant de leur envoyer des selfies depuis les endroits les plus beaux de la ville.

On ne peut pas le contredire en ce qui concerne l’état de propreté de la ville. Face à cette situation, Edmund a décidé de lancer un mouvement qui incite les gens à ramasser chaque jour (au moins) un déchet dans la rue, de se prendre en photo et le poster ensuite sur Facebook, Twitter ou Instagram avec le hashtag #1pieceofrubbish ou #1déchetparjour.

Le mouvement « 1 piece of rubbish » (1 déchet par jour) connait un succès grandissant et rassemble déjà plus de 1200 fans sur son groupe Facebook. Edmund Platt a su capter l’esprit de notre époque – la « folie » du selfie et l’envie du citoyen de faire concrètement quelque chose – pour transformer un geste souvent un peu méprisé en acte tendance et branché.

CALANQUES PROPRES

Mer Terre vient de publier le résumé de la dernière campagne de nettoyage des côtes.

1.039 bénévoles (60 structures) se sont réunis le 23 mai dernier pour ramasser ce que certains laissent derrière eux par manque de conscience, paresse, bêtise ou je-m’en-foutisme… sur le littoral de Martigues, Marseille, Cassis et La Ciotat.

Après une journée de travail voilà 110 m3 de déchets récoltés et quelques conclusions à tirer de ces trouvailles:

  1. Les plages sont régulièrement investies par des gens qui aiment faire la fête, boire un apéro entre amis ou pique-niquer en famille. Mais pourquoi laisser bouteilles vides, cartons et emballages etc. sur ce lieu que l’on a choisi pour sa beauté?? La proposition des organisateurs de la collecte est de sensibiliser plus les fêtards mais aussi d’installer de systèmes de récupération (verre, papier/carton) près des parkings.
  2. Un problème pose aussi l’absence de toilettes publiques. Leur installation permettrait d’éviter couches de bébé, papier souillé et déjections ce que rendrait les plages quand même plus agréable pour les yeux et les nez!
  3. Et voilà les pêcheurs. Sympa de passer la soirée entre potes et de chatouiller la girelle mais ils ne peuvent pas ramener leur bouteilles, cartons de pizza, boîtes d’appâts et fils de pêche?? Une communication adaptée devrait être mise en place…
  4. Et qu’est ce que peut bien se passer dans la tête des gens qui abandonnent dans de criques et des plages leurs encombrants?? Batteries, pots de peinture, carcasses de voiture… Ils n’ont pas compris la nocivité de ses reliquats? Ça ne les gêne pas de défigurer ainsi notre littoral??
  5. Les gentils bénévoles ont aussi ramassé des quantités importantes de déchets ménagers dont une grande partie est recyclable (canettes, bouteilles en plastique, emballages etc. etc.) L’installation de containers peut améliorer la situation mais le plus important semble une vraie PRISE DE CONSCIENCE!

Il y a du pain sur la planche.

Pour en savoir plus http://www.mer-terre.org/ – l’association connait actuellement des difficultés financières, n’hésitez pas à faire un don ou de devenir membre pour les soutenir dans leur engagement infatigable!