SERVICE PUBLIC SELON ALLADIN

Service public en latin se dit « Probono publico » et c’est le nom que porte le collectif autour d’Aladdin Charni, fondateur du Freegan Pony.

C’était en discutant avec une amie que ce squatteur et adepte d’un style de vie alternatif, a eu une idée formidable: ouvrir un restaurant, ou plutôt une cantine participative, où l’on sert des produits invendus dans l’esprit du Freeganisme, mouvement apparu aux États Unis à la fin des années 1990.

Le freeganisme (en anglais freeganism), ou gratuivorisme, est un mode de vie alternatif qui consiste à consommer principalement ce qui est gratuit et végan pour créer des réseaux d’entraide qui facilitent ce choix afin de dénoncer le gaspillage alimentaire  et la pollution  générées par les déchets mais aussi les problèmes de transports (transport écologique), du travail (réduction du temps de travail) et du logement (réquisition citoyenne) dans la société occidentale. (Wikipedia)

Dans un grand local de 500 m2 près du Périphérique et de la Porte de Villette, meublé avec des objets trouvés chez Emmaüs, les Parisiens peuvent chaque weekend déguster un menu concocté avec des fruits et légumes invendus récupérés à Rungis. A cet endroit il faut louer l’imagination du chef qui doit donc improviser selon les ingrédients une fois Aladdin et ses complices revenus de leur virée à Rungis.

Le concept plait énormément et les réservations marchent tellement bien que pendant un certain temps les concepteurs ont du cacher leur adresse pour ne pas être submergés par des afficionados d’une cuisine goûteuse et généreuse à bas prix dans une ambiance conviviale et chaleureuse.
La lutte contre le gaspillage alimentaire motive de plus en plus surtout la jeune génération citadine. En Allemagne l’application  « Too good to go » permet aux restaurateurs d’inscire peu avant fermeture ce qui leur reste. Le client peut consulter selon plusieurs critères (temps de fermeture, lieu, prix) avant de réserver les plats qu’il souhaite récupérer, il paye directement par carte de crédit ou PayPal et vient ensuite les chercher. Sur place les repas sont mis dans des boîtes en carton – dans un deuxième temps il est prévu d’utiliser des boîtes en métal réutilisables – et l’heureux client part avec un bon repas à un prix modique tandis que les restaurants ne sont pas obligés à jeter à la poubelle des plats préparés avec soin. Une centaine de restaurants, surtout à Berlin et à Hambourg, a déjà souscrit à cette mise en relation et d’autres suivront.

UNIS CONTRE LE GASPILLAGE

Si c’est Grand Mère qui le dit….

Les astuces de Grand- Mère

Nos achats, notre façon de manger et de consommer entraînent aujourd’hui beaucoup de gaspillage. Un sérieux préjudice pour notre porte-monnaie et pour la planète. Car à chaque fois que l’on jette l’équivalent d’un pain, c’est environ une baignoire d’eau que l’on gaspille. Et chaque tonne de nourriture a un équivalent CO2 de 4,5 tonnes. Voilà qui devrait tous nous convaincre à nous unir contre le gaspi. Pour vous aider à nous rejoindre dans cet effort et à prendre de nouvelles habitudes, consultez cette page.

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  • Planifiez votre semaine pour éviter les gaspillages.
  • Pensez à acheter des produits frais régulièrement plutôt que de les laisser dormir au frigo puis les jeter.
  • Choisissez des quantités / conditionnements adaptés à vos habitudes de consommation.
  • Prévoyez des Iso bags pour vous aider à maintenir la chaîne du froid.
  • Rangez rapidement vos courses au réfrigérateur et au congélateur. Au besoin, baissez la température de 3°c pendant…

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FRUITS SECS

Les Américains et les Anglais demandent des Fruit Roll-Ups, les Russes adorent les Levashi tandis que les Libanais craquent pour les Armadeen et les Iraniens pour les Lavashak, même les Chinois  raffolent de Shan zha pian…. Bientôt ce sera aux Français de se gaver des Fwees!

Ils peuvent dire merci à une jeune femme, Soizic Ozbolt. Travaillant dans une ONG humanitaire au Moyen Orient, elle a découvert une technique ancestrale pour préserver des fruits: on réduit en purée abricots, prunes, coings, pommes ou autres fruits, puis cette pâte est étalée et séchée – autrefois sur des draps en plein soleil, aujourd’hui dans un déshydrateur professionnel pour obtenir ce que l’on appelle le « cuir de fruit ». Cette technique très simple permettait, surtout autrefois, une longue conservation et la possibilité de manger des fruits toute l’année. Rien n’est ajouté, pas de sucre, pas de colorant, rien que du fruit.

Soizic approvisionne chez des producteurs bio ou en agriculture raisonnée qui peuvent ainsi écouler leur trop plein de fruits qu’ils n’ont pas pu vendre ailleurs et qui sont mûrs et ne peuvent pas être gardés. D’une pierre trois coups alors: moins de gaspillage (45%  des fruits et légumes se perdent!), des revenues supplémentaires pour les petits agriculteurs et une gourmandise 100% naturel.

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Grâce à un financement sur KissKissBankBank, la petite entreprise a pu s’équiper mieux et mettre sur pied un atelier itinérant de transformation qui peut se déplacer directement chez les producteurs car la matière première est fragile.

Il sera installé dans un semi-remorque, amené derrière chez l’agriculteur. Cela permet au producteur de ne pas se soucier de la logistique. Avec la loi biodéchets, cela lui évite d’avoir à prendre en charge le coût d’enlèvement, etc.

La production de Soizic a augmenté de 30 kg à 200 kg de fruits par jour – il faut environ 9 kg de fruits frais pour fabriquer 1 kg de Fwee – et elle envisage même un élargissement de la gamme en travaillant des noix et des herbes aromatiques.

Si vous voulez en savoir plus – et commander quelques gourmandises fruitées, c’est ici: Fwee

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MOUANS-SARTOUX ET LA BONNE GESTION

Eh oui, on peut si l’on veut! Gérée entre 1974 et 2015 (41 ans!!) par André Aschieri – Verts puis EELV – et depuis 2015 par son fils Pierre, la petite commune entre Cannes et Grasse, a su prendre les bonnes décisions au fil des années. Ainsi tous les services publics sont gérés en régie municipale directe: eaux, assainissement, pompes funèbres, ramassage d’ordures, transports et cantines scolaires.

Dans cette région où chaque mètre carré vaut des fortunes, la Mairie a acheté 4 ha en les préemptant à un promoteur pour y planter des légumes bio pour ses cantines scolaires. Depuis 2012 Mouans-Sartoux est la seule ville de France avec des cantines 100% bio (il faudrait peut-être inviter les sénateurs qui ont voté contre l’objectif de 20% bio…)

Mais la Mairie n’a pas seulement instauré le bio dans les cantines mais s’est aussi attelé à diminuer significativement le gaspillage. En 5 ans elle est arrivée à diminuer de 80% les déchets alimentaires dans la restauration  collective – une économie de 20 cents par repas distribué.

Comment les responsables ont-ils procédé? D’abord par – ce qui relèvent du bon sens – en adaptant les portions. Un petiot de maternelle ne mange pas autant qu’un plus grand, cela semble évident! Ensuite les enfants peuvent choisir leur portion – pas tout le monde a toujours le même appétit – mais chacun peut se resservir autant qu’il le veut si c’est particulièrement bon ou que le creux est très gros ce jour là. Une partie des repas est d’ailleurs préparé à fur et à mesure pour éviter de se trouver avec de trop grandes quantités à la fin du service. Les fruits sont proposés en quartiers et les enfants se servent à volonté. Comme c’est la ville via sa régie qui fournit les cantines, les menues sont établis selon la maturité des légumes. Épluchures, feuilles etc. alimentent un lombricomposteur.

Une fois tout le monde rassasié, on pèse les déchets: 3-5 kg pour les 240 enfants contre 25 kg avant.

Alors qui peut encore dire que c’est trop compliqué? top couteux? trop utopiste?


<p><a href= »https://vimeo.com/160240607″>Le plan anti-gaspillage de l'&eacute;cole Fran&ccedil;ois-Jacob &agrave; Mouans-Sartoux</a> from <a href= »https://vimeo.com/user20285862″>Groupe Nice-Matin</a> on <a href= »https://vimeo.com »>Vimeo</a&gt;.</p>

 

ÇA ROULE POUR LES POULES

Comme le jean, le jazz ou le fast food – l’idée nous vient de l’autre côté de l’Atlantique mais elle est en train de s’implanter de plus en plus. Je vous parle des poulaillers en ville, partagés ou individuels, soutenus par les Mairies ou initiative citoyenne.

L’idée semble sympathique et efficace pour nous débarrasser d’une bonne partie de nos ordures. Dans un cours pour potentiels aviculteurs urbains à Paris, les participants ont pourtant dû faire un peu de maths pour commencer la séance: une poule peut venir à bout d’environ 73 kg de déchets par an (il faut y ajouter quand même un peu de graines pour équilibrer le menu). Ceci faisant elle produit 90g (ou 0,2l) de fiente par jour. Une tonne de fiente contient 26kg d’azote et le sol peut en absorber 170 kg par hectare. Une poule doit disposer en bio d’au moins 4m2 et il faut aussi du terrain pour gamberger, et de la paille…On peut récolter 250-300 œufs pas an et par poule – quel est l’âge du capitaine?

Bref, la chose n’est pas si facile que ça. A côté d’un terrain assez grand et de la paille – ici on apprend que le mieux est de s’adresser à un agriculteur via une AMAP – il y a aussi les voisins. Eh oui, peut-être qu’eux sont moins portés sur l’agriculture urbaine et ne supportent pas des poules qui caquettent et éventuellement un coq qui chante (vous n’allez quand même pas vouloir broyer les poussins mâles!)

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Malgré toutes ces obstacles et difficultés, l’idée commence à faire son chemin. La ville de Bordeaux a installé des poulettes chez des adoptants, à Paris les ateliers sur l’élevage de poules font salle comble, on Allemagne les poules dans l’arrière cour sont pas rares. Après les ruches sur les toits, les jardins ouvriers partagés, les animaux domestiques sont en train d’accueillir dans leur rangs les gallinacés et de mettre en peu plus de campagne dans le béton urbain.

Les revues déco donnent désormais des conseils comment construire son poulailler design ou récup et les forums et conseils pullulent sur la toile. La poule est devenue « l’arme anti déchet » une sorte de super héros à nos côtés pour faire disparaitre les reliefs de nos repas. Alors si vous avez l’espace nécessaire et des voisins compréhensifs: adoptez une poule, sinon optez pour un rat (bizarre que personne n’a pas encore pensé à cette solution)!

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FAN DE FANES

Sous le sapin cette fois-ci un cadeau pour

  • gourmets & gourmands
  • végétariens
  • chefs
  • fauchés
  • anti-gaspis

et pour tous ceux et celles qui ont parmi les bonnes résolutions pour 2016 de jeter moins et qui n’ont pas encore sauté le pas pour installer un composteur sur leur balcon.

JE CUISINE LES FANES par Amandine Geers et Olivier Degorce est un joli petit livre de cuisine édité par Terre Vivante (12 €). Les auteurs se sont dits que c’est

(…) totalement aberrant de jeter tant de verdures et de remplir nos poubelles de choses comestibles. (Ils ont) donc imaginé des recettes qui mettent à profit les « déchets de cuisine » dans des recettes simples, familiales et forcément peut coûteuses.

Fanes et épluchures deviennent les ingrédients de recettes originales. Le livre explique bien et pas à pas comment faire et les photos donnent envie – même aux carnivores qui cherchent un accompagnement goûteux.

Amandine Geers et Olivier Degorce animent depuis une dizaine d’années l’association « What’s for dinner » autour des questions d’alimentation et d’écologie qui propose aussi des ateliers de cuisine bio, la formation de personnels de cantines scolaires ou du conseil auprès de restaurateurs.

Comme petite « mise en bouche », voilà la recette d’un SIROP D’ÉPLUCHURES DE POMMES

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Ouvrez une gousse de cardamome et détachez les petites graines noires à l’intérieur – hachez les épluchures de 6-8 pommes au robot ou au couteau – arrosez-les d’un peu de jus de citron – mettez dans une casserole les épluchures hachées, les graines de cardamome, 1 pincée de cannelle et 60-80 g de suce complet – ajoutez 300-400 ml d’eau et laissez cuire à feu très doux jusqu’à l’obtention d’un sirop plutôt fluide (mixez éventuellement une nouvelle fois pour une texture fine) – arrosez-en votre tarte aux pommes à la sortie du four ou accompagnez-en vos yaourts

« REDONNER UN RÔLE SOCIAL À LA CUISINE »

C’est la philosophie du chef Pierre Sang

(c) William Baucardet pour l'Express StylesNé en 1980 en Corée du Sud et orphelin, Pierre Sang est adopté par une famille auvergnate à l’âge de 7 ans. Il apprend à cuisiner en famille avec les restes des repas préparés par sa mère et sa grand mère. Passionné par la cuisine, formé d’abord en région lyonnaise, à Londres et dans son pays natal, le jeune homme se fait connaitre en participant à l’émission « Top Chef » où il arrive en finale. Cette expérience lui permet d’ouvrir son propre restaurant à Paris où il fait cohabiter les saveurs de ses deux patries, celles de la cuisine française et celles plus exotiques de la cuisine coréenne. Aujourd’hui à la tête de deux restaurants à succès il ne se laisse pas gagner par la facilité mais reste un militant. Son approche responsable comprend l’utilisation de produits locaux respectueux de l’environnement, des relations directes avec les commerçants de proximité et une inlassable lutte « anti-gaspi ».

En amont de la COP21 à Paris, Pierre Sang et l’association Fauve proposent une Semaine de la gastronomie circulaire où les restes sont à l’honneur. Le but est de montrer qu’une cuisine saine, savoureuse et abordable pour tous est possible.

Plusieurs ateliers pour adultes et/ou enfants permettent de découvrir « Le potiron sous toutes ses formes », d’apprendre à fabriquer ses smoothies, à faire des gâteaux de Noël avec des produits « bizarres », à adopter des pratiques alimentaires différentes, de s’initier à la cuisine anti-gaspi dès le plus jeune âge mais aussi à découvrir l’utilité de trier les déchets.

Les sommes récoltées sont entièrement reversées à l’association « Partage ».

Pour en savoir plus sur la semaine de la gastronomie circulaire ou pour s’inscrire aux ateliers: http://www.pavilloncirculaire.com/fr/home/10144-semaine-de-la-gastronomie-circulaire.html

Pour savoir plus sur l’association « Partage »: http://www.partage.org/

ou sur l’association Fauve qui veut transmettre les pratiques d’une alimentation citoyenne: http://www.associationfauve.org/

et enfin pour déguster la cuisine de Pierre Sang Boyer, c’est ici: http://www.pierresangboyer.com/

Bon appétit!