MÂNORE + ANDOVAST

= MÂNDOVASTE ou « fait main » en roumain et en romani.

L’atelier mândovaste est un beau projet destiné à donner à des femmes rom la possibilité de créer une activité et avoir des revenus pour améliorer leur vie voire de sortir de leur bidonville à Montreuil, en banlieue parisienne. C’est un moyen pour elles de s’émanciper et de prendre leur destin en main mais aussi de développer leur créativité et d’acquérir des compétences.

Sept femmes se sont regroupées après avoir suivi des ateliers proposés en 2015 par le collectif Cochenko (qui malheureusement n’existe plus) avec l’envie de produire localement de beaux objets et accessoires à partir de matériaux de récupération par des procédés low-tech. Elles ont aussi appris à prendre des décisions toutes ensemble, de développer des produits elles mêmes et de commercialiser leurs réalisations. C’est justement ce que le terme – intraduisible – « d’empowerment » veut dire: prendre le pouvoir sur sa propre vie, avoir confiance en ses compétences, ne pas seulement répondre à des incitations mais proposer et décider soi-même.

L’atelier Mândovaste produit des objets pour la maison et le voyage en utilisant des matières premières issus du recyclage (tissus, chiffons, sacs plastiques…) en ajoutant un savoir faire traditionnel – broderie, crochet, couture – inspiré par l’imagerie folklorique des Balkans.

Une première commande de la marque très chic et fashion Facteur Céleste est une belle récompense pour ces femmes.

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SEMEZ UN CRAYON

Le professeur du « product design » qui a lancé à ses élèves du MIT, le prestigieux Massachusetts Institute of Technology, le défi de développer des fournitures de bureau « écofriendly » ne s’est peut-être pas attendu qu’un de ces produits va devenir un tel succès!

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Trois élèves ingénieur, dont Mario Bollini, ont alors imaginé « Sprout – le crayon qui donne vie à une plante ». Ce crayon fabriqué en bois de cèdre et sans plomb ni d’autres polluants se termine en un capuchon biodégradable contenant 3 graines. Une fois le crayon devenu trop petit pour être utilisé correctement, on le plante tout simplement dans un pot, l’arrose et une plante – généralement comestible – germera: parmi les 18 plantes disponibles, il y a des tomates cerises, du persil, du basilic, des radis, du coriandre, du myosotis….

Après avoir quitté le MIT, Mario Bollini a donc créé en 2012 son entreprise avec l’aide d’un financement participatif qui a engrangé 150% de la somme demandé dans un temps record et depuis plus d’un million de ces crayons ont été vendus en Europe.

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Quelques faits amusants: c’est le crayon « basilic » qui pousse le plus vite, les pétales des tournesols sont comestibles, le Vatican utilise le Sprout tout comme le gouvernement français…

On peut commander le Sprout par internet en France sur Bowigo, à la Boutique Pompon ou à Petite Planète.

Un mot encore sur Mario Bollini: il est aussi le fondateur de GRIT (« Technology for people by people ») où il commercialise un fauteuil roulant tout terrain qu’il a conçu mais également le « père » d’un robot capable de faire des cookies tout seul….

APRÈS LA PEINTURE

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Violet Jessep (1887-1971), surnommée « The Unsinkable Woman » (La femme insubmersible). Après avoir guérie d’une tuberculose quand elle était enfant, cette femme a survécu à trois (!) catastrophes nautiques: elle était membre de l’équipage sur l’Olympic quand ce paquebot avait été heurté par accident par un navire de guerre. L’année suivante elle intègre l’équipage de la Titanic – dont on connait le funeste destin – et finalement en 1916 elle sert comme infirmière sur le Britannic (« sister-ship » de l’Olympic et du Titanic), paquebot transformé en bateau hôpital quand celui-ci coule suite à une explosion à bord.

Cette œuvre de Rebecca Szeto fait partie d’une série où l’artiste californienne rend hommage aux femmes, connues ou anonymes.

My works play with notions of beauty and value.  The materials I use are often humble, mass-produced or discarded domestic products like paintbrushes, dead bees, chewed gum, steel wool or rust. These are drawn from my immediate surroundings and present circumstances.

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Gloves No.2, latex et dentelle, 2001

 

Modestes produits industriels, objets ménagers qui ne peuvent plus servir, ustensiles de travail  – tout son environnement immédiat inspire Rebecca Szeto, issue d’une famille chinoise immigrée aux États Unis.  Un beau jour Rebecca Szetos conscience écologique ne pouvant plus supporter de jeter autant de choses, elle a commencé à garder du papier verre à la laine d’acier et en remplir des sacs sans avoir encore un projet très clair pour leur recyclage. Arrivée devant la décision soit de bazarder tous ces reliquats, soit de les utiliser elle s’est lancée… et c’est ainsi que les brosses et pinceaux employés pour patiner des objets ont a leur tour acquis le statut d’œuvres poétiques et pleines d’humour.

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Émilie du Châtelet (1706-49) était une femme exceptionnelle. Mathématicienne de génie (c’est à elle que l’on doit le « 2 » dans E=MC²), scientifique, traductrice de Newton elle étudie Leibniz, maîtrise  le latin, le grec et l’allemand, chante, joue le clavecin… Sur le plan privée Émilie fut également hors du commun. Mariée au marquis du Châtelet, elle entretenait une liaison avec Voltaire avant de lui préférer le poète Saint Lambert. Elle meurt à seulement 42 ans en couches entourée de son mari, son ex-amant et son amant en titre, père de sa fille qui ne survit non plus.

Pour connaitre mieux le travail de Rebecca Szeto, c’est ici.

(Tous les photos (c) l’artiste)

 

 

 

 

 

 

 

TRASHION OU LE « DUMPSTER CHIC »

Gary Harvey est Anglais, designer, créateur et était « creative director » chez Levi’s pendant plus de cinq ans avant de lancer ses propres collections. Boutiques de deuxième main, textiles, accessoires et objets qui s’accumulent dans les décharges, des vêtements portés une ou deux fois avant d’être jetés – tout cela a commencé à titiller son inspiration.

A la Fashion Week de Londres en 2007 Gary Harvey a montré pour la première fois sa collection de robes de soirée « upcycled ». Une trentaine d’exemplaires du Wall Street Journal pliés attachés à un corset rose saumon (comme la couleur du journal) transformés en robe de bal froufroutante n’était qu’un de ses succès. Pas mal non plus la jupe faite à partir de 18 trench coats…

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(c) Gary Harvey

The collection was initially set up to raise awareness of limited natural resources and environmental issues involved in placing unwanted clothing into landfill and generate respect for the craftsmanship in recycling/upcycling

Plus qu’une célébrité a pincé pour ce maître de la Trashion (Trash + Fashion) qui a su mélanger son immense talent de designer, un sens d’humour et de dérision typiquement anglais et un engagement écologique!

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(c) Gary Harvey – Robe en « sacs Tati »

Gary Harvey est d’ailleurs à côté de ses activités de designer consultant auprès du gouvernement britannique pour des questions concernant la réduction des déchets.

WISHLISTE POUR NOËL

Tous les magazines et blogs nous offrent des pages et des pages d’idées pour les cadeaux de Noël. « Ordures – Le Blog » ne laissera pas passer cette occasion pour vous proposer des cadeaux 100% éco-responsables!

La première proposition est pour:

  • les fans de foot
  • les nostalgiques
  • les joueurs
  • tous ceux qui aiment s’amuser

Alors le premier paquet que « Santa Baby » (vous connaissez la chanson d’Eartha Kitt?) sort de sa hotte est….

LE BABY FOOT EN CARTON

Plus simple à monter qu’un Billy d’Ikea, sans vis ni clou, il est en carton, 100% recyclable, ultra léger donc ultra mobile, mais à dimensions standards (146 x 90 x 72), pourvu de supports pour cannette, verre ou bouteille et smartphone (pour la musique d’ambiance!) il existe en marron ou blanc avec plusieurs versions d’équipes disponibles (aussi personnalisables). Le prix de 92€ n’est pas prohibitif.

Si vous voulez commander votre « Kartoni », c’est ici. D’ailleurs l’entreprise vend aussi des tables de ping-pong selon le même principe!

Dans ma boule de cristal je vois des soirées endiablées en 2016!

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UN PEU DE DOUCEUR…

…dans ce monde de violence.

Le son est cristallin, doux, mélodieux, il est comme une caresse qui apaise et réconforte. Ce son sort d’un drôle d’instrument, en métal légèrement bombé, pourvu de trous et d’incisions que l’on joue en le frappant doucement des mains.

Les inventeurs du Butadum (8 à 9 notes) et du Butito (6 notes) sont Nicolas Buclin et Leandro Scarano, facteur d’instruments le premier et musicothérapeute et psychologue le deuxième. En 2012 ils ont créé à Marseille l’association NoBémol qui a pour but de fabriquer (et de vendre) leurs instruments et de proposer des ateliers de découverte et de musicothérapie dans des écoles, des centres sociaux, des hôpitaux, des maisons de retraite.

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Leur démarche c’est favoriser la création, la réduction de déchets et leur transformation, leur « upcycling ». Comment cela? Parce que Butadrum et Butito sont faits à partir de bouteilles de gaz vides!

C’est magique de voir la transformation d’une banale bouteille de Butagaz en percussion qui enchante l’auditeur. Et c’est justement le son doux et clair qui aide à se détendre, à baisser le stress, à se laisser emporter dans un monde loin des bruits et des tensions dans lequel nous devons vivre. Mais regardez et écoutez ce vidéo: https://youtu.be/DSZy3s8Db14

Voici le site de NoBémol pour tout savoir sur les instruments!

 

 

MEUBLES QUI RACONTENT DES HISTOIRES

CUCULA est un projet que n’accepte pas la réalité des réfugiés en Allemagne mais qui crée avec un groupe de réfugiés une autre réalité. C’est un « bottom-up » projet qui montre comment on peut transformer des utopies en réalités. (…) De tels projets ne sont pas uniquement utiles pour les réfugiés mais pour toute la société. Nous avons besoin de ces projets parce qu’ils nous aident à réinventer notre société.

Ce sont des mots d’Olafur Eliasson, artiste danois et un des ambassadeurs de CUCULA à côté de toute une brochette d’artistes allemands comme la chorégraphe Sacha Waltz ou le directeur de la Berlinale Dieter Kosslick.

« Cucula » vient de la langue des Hausa, une des grandes communautés du Niger est signifie « faire quelque chose ensemble » mais aussi « faire attention à l’autre ». CUCULA est une association, un atelier et un programme pédagogique pour et avec des réfugiés à Berlin. C’est surtout le « faire avec » qui est important pour les membres fondateurs de cette association, la création d’une « Willkommenskultur » (d’une culture du bienvenu) qui veut sortir les réfugiés de leur statut de victimes qui subissent pour leur donner confiance en leur propre moyens et les amener à construire des projets pour leur avenir – des solutions concrètes, des actes pragmatiques à la place de discours et de théories.

La branche « CUCULA Refugees Company for Crafts and Design » est une manufacture où pédagogues et designers donnent une qualification de base dans le domaine de l’ébénisterie aux réfugiés, des connaissance sur les utilisations du bois à la construction et le modelage tout en favorisant les inspirations personnelles des « élèves ».

Une des séries produites et vendues par CUCULA est basée sur le concept de l’Autoprogettazione développé par le designer italien Enzo Mari en 1974. L’autre série qui s’appelle « Freistil » (style libre) laisse libre cours aux idées des participants. Ils ont donc eu l’idée d’incorporer dans leurs meubles des planches de bateaux échoués à Lampedusa, insérer un chapitre de leur propre histoire dans leurs œuvres.

Financé par un crowdfunding à hauteur de 120.000 euros, la vente des meubles permet également de financer des programmes d’éducation plus larges, des cours de langue, un soutien juridique ou des échanges interdisciplinaires.

N’hésitez pas à consulter le site de CUCULA, car des initiatives comme ça sont formidables! http://www.cucula.org/