TRASH + CROCHET = TROCHET

Quand on parle de l’Arabie Saoudite on pense à pétrodollars, femmes sans visages enveloppées dans du noir, pèlerins à la Mecque, chaleur suffocante…

Certes ceci existe tout comme un blogeur menacé de torture, des femmes en prison pour vouloir conduire et d’autres côtés sombres et peu engageantes de ce pays. Mais il y a aussi – il n’y a jamais que du noir – un vivier de jeunes gens créatifs et plein d’humour. Je me souviens par exemple de vidéos vues à la Biennales de Venise, des courts métrages désopilants (amusez vous en regardant Hishaam Fagheeh & Friends dans « No woman no drive »)

Bref, Jeddah est une ville vivante et innovatrice (un peu à l’opposé de Riyad) et c’est là où je vous amène aujourd’hui. C’est ici où une conférence sur l’impact catastrophique du plastic sur l’environnement a alerté, une jeune femme, Diana Rayyan. Tout d’abord elle a milité en divulguant tout ce qu’elle avait appris sur ce fléau avant de décider de prendre les devants et lancer un projet plus ambitieux. Son idée était d’apprendre à des femmes défavorisées la technique du crochet et de fabriquer ensuite des objets avec des fils obtenus en recyclant les sacs en plastic qui pullulent partout.

Même si au début la plupart de gens étaient sceptiques voire hostiles à l’utilisation de ce « trash », Diana ne s’est pas laissée détourner de son projet. Elle a trouvé son alter ego, son « creative guru« , en Ishrat Khawje, jeune designer qui a un blog autour du crochet mais aussi de recettes et d’autres travaux manuels sympathiques: http://fruitfulfusion.blogspot.fr/

Un crowdfunding sur une plateforme de financement participatif a ensuite permis de réunir les 5.000 $ nécessaires pour louer une petite usine où former les femmes et stocker les sacs.

50 femmes crochètent « hip, trendy, must-have products for the globally oriented and environmentally aware city dweller« : sacs pour la plage, tapis de yoga, boules contre les stress, « beanbag chairs » (notre fatboy)…

Les deux initiatrices espèrent développer leur production et pouvoir embaucher encore plus de femmes tout comme débarrasser les paysages et villes de leur pays de ces sacs plastics envahissants.