HAMBOURG MONTRE LA VOIE

Tout le monde peut, non doit participer à une meilleure gestion des déchets et surtout à leur évitement. Mais ça va encore mieux si des grandes structures montrent l’exemple.

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250 millions d’euro c’est la dépense annuelle de la ville de Hambourg (1,7 millions d’habitants) pour l’achat de marchandises et services. Le sénat de la ville (le gouvernement local) a décidé que la ville doit elle aussi mettre un signe fort pour l’environnement et a élaboré un catalogue de 150 pages pour définir les critères écologiques qui devraient à l’avenir guider tout achat. Ceci commence par le papier pour les imprimants, le café ou les ampoules jusqu’aux voitures de service dont le pourcentage de voitures électriques doit augmenter de 24% à 50% en 2020, c’est à dire 186 voitures (en comparaison: la ville de Marseille, 850.000 habitants, dispose d’un parc de 2.000 voitures! Combien d’entre elles sont électriques…?).

Dans ce petit catalogue « révolutionnaire » les édiles prennent en compte les possibilités et le coût de réparations, la possibilité du recyclage, les emballages, la durée de vie des objets, leur impact sur le climat ou encore la consommation de matières premières. Plusieurs produits sont désormais bannis des bureaux de l’administration: machines à café qui fonctionnent avec des capsules an aluminium (M Clooney va être déçu!), de l’eau minéral en bouteilles plastiques, de la vaisselle jetable ou des produits d’entretien contenant de la chlore…

Jens Kerstan, sénateur en charge de l’environnement remarque: « Notre manière d’acheter est un signal important vers l’industrie et les particuliers pour les inciter de faire encore plus attention aux conséquences d’une acquisition et à l’histoire qui se cache derrière un produit. (…) Notre objectif est d’augmenter significativement la proportion de produits écologiques et de participer ainsi à la protection de notre climat. »

L’exemple de Hambourg va certainement inspirer d’autres grandes villes – et j’espère pas uniquement allemandes – à faire preuve de responsabilité et d’une vraie volonté politique dans ce domaine.

 

MEUBLES QUI RACONTENT DES HISTOIRES

CUCULA est un projet que n’accepte pas la réalité des réfugiés en Allemagne mais qui crée avec un groupe de réfugiés une autre réalité. C’est un « bottom-up » projet qui montre comment on peut transformer des utopies en réalités. (…) De tels projets ne sont pas uniquement utiles pour les réfugiés mais pour toute la société. Nous avons besoin de ces projets parce qu’ils nous aident à réinventer notre société.

Ce sont des mots d’Olafur Eliasson, artiste danois et un des ambassadeurs de CUCULA à côté de toute une brochette d’artistes allemands comme la chorégraphe Sacha Waltz ou le directeur de la Berlinale Dieter Kosslick.

« Cucula » vient de la langue des Hausa, une des grandes communautés du Niger est signifie « faire quelque chose ensemble » mais aussi « faire attention à l’autre ». CUCULA est une association, un atelier et un programme pédagogique pour et avec des réfugiés à Berlin. C’est surtout le « faire avec » qui est important pour les membres fondateurs de cette association, la création d’une « Willkommenskultur » (d’une culture du bienvenu) qui veut sortir les réfugiés de leur statut de victimes qui subissent pour leur donner confiance en leur propre moyens et les amener à construire des projets pour leur avenir – des solutions concrètes, des actes pragmatiques à la place de discours et de théories.

La branche « CUCULA Refugees Company for Crafts and Design » est une manufacture où pédagogues et designers donnent une qualification de base dans le domaine de l’ébénisterie aux réfugiés, des connaissance sur les utilisations du bois à la construction et le modelage tout en favorisant les inspirations personnelles des « élèves ».

Une des séries produites et vendues par CUCULA est basée sur le concept de l’Autoprogettazione développé par le designer italien Enzo Mari en 1974. L’autre série qui s’appelle « Freistil » (style libre) laisse libre cours aux idées des participants. Ils ont donc eu l’idée d’incorporer dans leurs meubles des planches de bateaux échoués à Lampedusa, insérer un chapitre de leur propre histoire dans leurs œuvres.

Financé par un crowdfunding à hauteur de 120.000 euros, la vente des meubles permet également de financer des programmes d’éducation plus larges, des cours de langue, un soutien juridique ou des échanges interdisciplinaires.

N’hésitez pas à consulter le site de CUCULA, car des initiatives comme ça sont formidables! http://www.cucula.org/