NOËL – POUBELLE

ferrero

sans commentaire…. si, un commentaire quand même: les noisettes utilisées par Ferrero sont récoltées par des enfants

FAN DE FANES

Sous le sapin cette fois-ci un cadeau pour

  • gourmets & gourmands
  • végétariens
  • chefs
  • fauchés
  • anti-gaspis

et pour tous ceux et celles qui ont parmi les bonnes résolutions pour 2016 de jeter moins et qui n’ont pas encore sauté le pas pour installer un composteur sur leur balcon.

JE CUISINE LES FANES par Amandine Geers et Olivier Degorce est un joli petit livre de cuisine édité par Terre Vivante (12 €). Les auteurs se sont dits que c’est

(…) totalement aberrant de jeter tant de verdures et de remplir nos poubelles de choses comestibles. (Ils ont) donc imaginé des recettes qui mettent à profit les « déchets de cuisine » dans des recettes simples, familiales et forcément peut coûteuses.

Fanes et épluchures deviennent les ingrédients de recettes originales. Le livre explique bien et pas à pas comment faire et les photos donnent envie – même aux carnivores qui cherchent un accompagnement goûteux.

Amandine Geers et Olivier Degorce animent depuis une dizaine d’années l’association « What’s for dinner » autour des questions d’alimentation et d’écologie qui propose aussi des ateliers de cuisine bio, la formation de personnels de cantines scolaires ou du conseil auprès de restaurateurs.

Comme petite « mise en bouche », voilà la recette d’un SIROP D’ÉPLUCHURES DE POMMES

fanes

Ouvrez une gousse de cardamome et détachez les petites graines noires à l’intérieur – hachez les épluchures de 6-8 pommes au robot ou au couteau – arrosez-les d’un peu de jus de citron – mettez dans une casserole les épluchures hachées, les graines de cardamome, 1 pincée de cannelle et 60-80 g de suce complet – ajoutez 300-400 ml d’eau et laissez cuire à feu très doux jusqu’à l’obtention d’un sirop plutôt fluide (mixez éventuellement une nouvelle fois pour une texture fine) – arrosez-en votre tarte aux pommes à la sortie du four ou accompagnez-en vos yaourts

« REDONNER UN RÔLE SOCIAL À LA CUISINE »

C’est la philosophie du chef Pierre Sang

(c) William Baucardet pour l'Express StylesNé en 1980 en Corée du Sud et orphelin, Pierre Sang est adopté par une famille auvergnate à l’âge de 7 ans. Il apprend à cuisiner en famille avec les restes des repas préparés par sa mère et sa grand mère. Passionné par la cuisine, formé d’abord en région lyonnaise, à Londres et dans son pays natal, le jeune homme se fait connaitre en participant à l’émission « Top Chef » où il arrive en finale. Cette expérience lui permet d’ouvrir son propre restaurant à Paris où il fait cohabiter les saveurs de ses deux patries, celles de la cuisine française et celles plus exotiques de la cuisine coréenne. Aujourd’hui à la tête de deux restaurants à succès il ne se laisse pas gagner par la facilité mais reste un militant. Son approche responsable comprend l’utilisation de produits locaux respectueux de l’environnement, des relations directes avec les commerçants de proximité et une inlassable lutte « anti-gaspi ».

En amont de la COP21 à Paris, Pierre Sang et l’association Fauve proposent une Semaine de la gastronomie circulaire où les restes sont à l’honneur. Le but est de montrer qu’une cuisine saine, savoureuse et abordable pour tous est possible.

Plusieurs ateliers pour adultes et/ou enfants permettent de découvrir « Le potiron sous toutes ses formes », d’apprendre à fabriquer ses smoothies, à faire des gâteaux de Noël avec des produits « bizarres », à adopter des pratiques alimentaires différentes, de s’initier à la cuisine anti-gaspi dès le plus jeune âge mais aussi à découvrir l’utilité de trier les déchets.

Les sommes récoltées sont entièrement reversées à l’association « Partage ».

Pour en savoir plus sur la semaine de la gastronomie circulaire ou pour s’inscrire aux ateliers: http://www.pavilloncirculaire.com/fr/home/10144-semaine-de-la-gastronomie-circulaire.html

Pour savoir plus sur l’association « Partage »: http://www.partage.org/

ou sur l’association Fauve qui veut transmettre les pratiques d’une alimentation citoyenne: http://www.associationfauve.org/

et enfin pour déguster la cuisine de Pierre Sang Boyer, c’est ici: http://www.pierresangboyer.com/

Bon appétit!

DES DÉCHETS AU MENU

Les dirigeants du monde, habitués aux meilleurs restaurants, ont eu une délicieuse surprise dimanche aux Nations unies: un repas entièrement conçu à partir de denrées alimentaires issues de surplus de la grande distribution. Deux chefs leur avaient concocté un déjeuner entièrement fait de nourriture qui autrement serait partie à la poubelle, une façon de souligner le gâchis incroyable de l’alimentation moderne et son rôle dans le changement climatique. Le menu du déjeuner, au siège de l’ONU à New York, était composé d’un hamburger végétarien fait à partir de la pulpe de fruits pressés, qui est habituellement jetée. Le hamburger était accompagné de frites, créées avec le maïs riche en amidon qui sert généralement à nourrir les animaux. « C’est le repas typique américain, mais complètement bouleversé. Au lieu du boeuf, nous allons manger le maïs qui nourrit le boeuf« , a expliqué à l’AFP Dan Barber, un chef new-yorkais qui possède le restaurant Blue Hill. « Le défi est de créer quelque chose de vraiment délicieux, à partir de ce que nous aurions autrement jeté« , a-t-il ajouté. M. Barber avait conçu le menu avec Sam Kass, ancien chef de la Maison Blanche, qui était à la tête de la campagne anti-obésité « Bougeons » de la Première dame Michelle Obama. Sam Kass avait réfléchi à ce concept d’un menu fait de déchets dans la perspective de la grande conférence sur le climat prévue à Paris à la fin de l’année. « Tout le monde, de façon unanime décrit ces négociations comme les plus importantes de notre vie« , dit-il. Mais les déchets alimentaires « n’étaient pas discutés à ce stade, à part dans de petits cercles restreints« , ajoute-t-il.

Faire évoluer la culture alimentaire

Des dizaines de dirigeants mondiaux ont participé à ce déjeuner, co-présidé par les présidents français François Hollande et péruvien Ollanta Humala, dans le cadre du sommet sur le développement organisé sur trois jours à l’ONU, avant les discussions à Paris. L’ONU invite rarement des chefs extérieurs, mais avait dérogé à cette habitude pour MM. Kass et Barber, en dépit des mesures de sécurité renforcées pour l’Assemblée générale. Selon des chiffres de l’ONU, 28% des terres agricoles dans le monde servent à produire de la nourriture qui est jetée ou gâchée. Les pertes chaque année sont équivalentes à 3,3 milliards de tonnes carbone, ce qui, si les déchets alimentaires étaient un pays, en feraient le plus gros émetteur après la Chine et les États-Unis. « C’est juste impensable, l’inefficacité de notre système, quand vous pensez à quelque chose de cette magnitude« , ajoute Sam Kass. Plus tôt cette année, M. Barber a ouvert un restaurant éphémère, à New York, basé sur des déchets alimentaires. « L’idée d’un repas à base de déchets n’aurait pas pu exister au 18e siècle« , estime-t-il. « La conception d’une assiette de nourriture dans le monde occidental génère beaucoup de gaspillage parce que nous avons les moyens de ce gaspillage« , ajoute-t-il. Ce gaspillage est encore plus important aux États-Unis, qui a de grandes ressources agricoles. M. Barber espère que des événements comme ce déjeuner pour les chefs d’État feront graduellement évoluer la culture alimentaire. « Le but à long terme serait de ne plus (pouvoir faire) un repas à partir de déchets« , juge le chef. « Vous n’y arrivez pas en faisant la leçon, vous le faites par hédonisme, en préparant à ces dirigeants un repas délicieux, qui les fera réfléchir et passer le mot« , conclut-il.

(Article paru dans « Alimentation générale – La plateforme des cultures du goût »)

UNE BIÈRE NOMMÉE « BABYLONE »

Dans nos sociétés occidentales, le pain est parmi les aliments le plus gaspillés. Les boulangeries jettent leurs invendus, les ménages et restaurants font pareil. Pourtant il y a des plats délicieux à préparer avec du pain rassie (je vous donnerai quelques recettes une autre fois!), on peut en faire de la chapelure, on peut le donner à manger aux canards, pigeons, chevaux ou ânes ou on peu en faire… de la bière!

Il n’est pas surprenant que ces sont des jeunes Belges qui ont eu cette idée. Leur inspiration – et donc le nom de leur bière – vient de Babylone où il y a 7000 ans déjà du pain liquide fermenté a été consommé, l’ancêtre donc de notre bière.

babylone

« Beer Project » utilise une demie tonne de vieux pain chaque mois pour brasser 4.000 litres de bière. Une bouteille équivaut donc à environ 1 tranche et demie de pain.

Avant de commencer à collecter vos morceaux de pain pour vous lancer à brasser dans votre baignoire, lisez un peu plus sur ce projet malin et innovateur!

https://mrmondialisation.org/voici-babylone-la-biere-durable-qui-recycle-le-pain/

http://beerproject.be/babylone-release

ARRETONS DE GASPILLER!

« The Guardian » présente dans un article des initiatives un peu partout dans le monde qui ont pour objectif de lutter contre le gaspillage alimentaire, un vrai fléau! selon les Nations Unis de réduire le gaspillage d’un quart suffirait pour pouvoir nourrir le monde!

Bénévoles de Fare Share (Photo: Antonio Olmos for the Observer)
Bénévoles de Fare Share
(Photo: Antonio Olmos for the Observer)

En Angleterre, au Portugal, en Hollande ou en Italie et en France le « Fair Share » bat son plein. Des volontaires récupèrent des invendus dans les supermarchés mais aussi dans boulangeries, cafés, ou épiceries pour ensuite les distribuer à des associations caritatives comme par exemple celle de Deptford qui sert des repas à des personnes âgées. Sur le menu peuvent être même des produits comme des mangues ou du saumon – des denrées que certains gens n’avaient jamais mangé avant! Les « Foodsavers » sont particulièrement actifs en Allemagne, Autriche et en suisse ou suite à leur implication même le nombre de poubelles a diminué!

Pour la Chine l’exemple choisi est celui de la ville de Xianyang, capitale de la pomme, où une grande partie des récoltes à été perdue suite aux mauvaises conditions de stockage avant d’arriver sur les marchés. La perte de nourriture est un grave problème en Chine où l’on estime que l’équivalent de 32 millions de livres sterling est ainsi gaspillé chaque année – assez pour nourrir 200 million de personnes…. Un stockage mettant la récolte à l’abri des rongeurs est aussi un problème en Ouganda.

Il semble que le gaspillage alimentaire est devenu une cause un peu partout – tant mieux, il était bien temps!

En Allemagne, Autriche et Suisse des « foodsavers » se sont constitués, c’est à dire des personnes qui se regroupent pour récupérer des invendus pour distribuer ensuite aussi bien aux voisins qu’aux étrangers croisés dans la rue. Grâce à leurs actions même le nombre de poubelles a diminué!

http://www.theguardian.com/lifeandstyle/2015/aug/12/fighting-food-waste-four-stories-from-around-the-world