HOMME DE COULEUR

Il n’y a pas qu’apocalypse et désespoir, non – aujourd’hui j’ai envie de vous présenter des vêtements qui feront que votre homme soit unique! Il l’est de toute manière mais maintenant il peut assumer publiquement son style anticonformiste et solaire, son élégance hors du commun légèrement vintage, bref son côté hipster!

Il y a une petite ville (3.000 âmes) en Californie, nommée Nevada City. Ici vit et travaille un certain Schuyler Ellers, aussi connu comme Lord von Schmitt. Designer, photographe, bourlingueur il découvre un jour sa passion pour…. le tricot. Pendant sept ans il passe le plus clair de son temps à tricoter avant de trouver quelque chose encore plus géniale: le crochet! Ou plutôt la transformation – le recyclage – de vêtements, écharpes, et surtout couvertures crochetés qu’il transforme à l’aide de sa machine à coudre en shorts, pantalons, capes, manteaux où n’importe quoi sur commande. Le garçon ne manque d’ailleurs pas d’un certain sens d’autodérision:

An old lady came up to him and said « those are the most hideous pants I’ve ever seen in my life, » to which he replied, « oh thanks. I made them myself. »(Une vieille dame s’approche de lui et dit « c’est des pantalons les plus hideux que j’ai jamais vus dans ma vie ». Il répond « oh, merci, je les ai faits moi-même! »)

Alors ne cherchez plus, vous avez trouvé le vêtement idéal pour courir, marcher, danser, faire du yoga, assister à un festival (c’est le site qui le dit, ne me demandez pas pourquoi), bref, LE « outfit » pour tous les jours et toutes les occasions.

salopette

Crochet pants are stretchy and comfortable, warm yet breathable, eye-catching and vivid. In the words of one satisfied customer, « they might be the best thing we ever owned! (Les pantalons en crochet sont élastiques et confortables, chauds et pourtant respirants, attrayants et colorés. Comme un client satisfait a remarqué, « ils sont peut-être la meilleure chose que nous avons jamais possédées »)

On peut les acheter sur le site Etsy, on peut commander un vêtements sur mesure et aussi envoyer un vieux objet en crochet en demandant sa transformation. Les prix sont d’ailleurs abordables: pour les très audacieux la salopette pour 173 €, pour les plus timides les jambières à 35 €! Qu’attendez vous?!

shorty

 

Les commentaires des clients sont d’ailleurs élogieux! Lord von Schmitt a un véritable fan club…

PIPI CACA

Désolée, j’espère que vous ne lisez pas ce poste en mangeant – quoi que… tout ce recycle!

27 litres d’eau, c’est à dire 20% de notre consommation globale quotidienne utilise en moyenne chacun d’entre nous en actionnant la chasse. De l’eau potable en plus! 59% des cours d’eau en France sont pollués, la sécheresse frappe de plus en plus fort et de plus en plus souvent… ceci a commencé à turlupiner deux jeunes montpelliérains, Benjamin et Bernard, son ami d’enfance. Ils ont donc imaginé un système circulaire et anti-gaspillage et créé la SCOP Ecosec qui rassemble aujourd’hui 5 jeunes gens motivés.

« Nous sommes partis du principe que la sciure ne marcherait pas en ville. Il fallait proposer un système simple et sans contrainte pour l’utilisateur », explique Charles, membre de la scop. Dans leurs toilettes : rien ne change donc. On entre, on officie, on « tire la chasse », sans eau, en appuyant sur une pédale qui anime un tapis roulant. Incliné celui-ci sépare l’urine (qui descend) du reste (qui monte).

Ces deux éléments sont ensuite récupérés pour être transformés en composte. L’urine par exemple qui contient du phosphate et de l’azote représente un nutriment précieux pour la croissance des végétaux. Au lieu de produire donc de l’engrais à partir de matières extraites du sol (dont le phosphate qui n’est pas renouvelable) dans des pays lointaines et ensuite l’acheminer jusqu’à nos campagnes, on peut en produire tous les jours nous mêmes tout naturellement! La valeur des urines français représente l’équivalent de 70 million d’euros par an dépensés pour acheter des engrais « industriels ».

Ecosec propose donc des toilettes publics, joliment conçues, équipées de panneaux solaires pour être autonomes et facilement démontables. Pour l’entretien la SCOP cherche la collaboration avec des associations qui s’occupent de personnes en réinsertion dont le boulot consistera à veiller au bon fonctionnement des cabines et à sensibiliser le public. Les WC,  faciles à utiliser de façon pérenne en ville sont aussi parfaitement adaptés pour des festivals, événements, paillotes éphémères etc. Ils faisaient évidemment aussi partie de la COP21!

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Pas de gaspillage d’eau, être autosuffisant en énergie, retourner les nutriments à la terre – difficile d’être plus complet. Bravo, les jeunes!!

BALAYER DEVANT SA PORTE

Avant de critiquer les autres, dit le proverbe, commençons par balayer devant notre propre porte.

Quelle autre citation pourrait s’appliquer mieux sur les questions liées à l’environnement? Il est « facile » de demander aux industries de baisser leurs émissions et de prendre sa voiture pour aller chercher son pain. Il est « facile » de protester contre les incinérateurs et de continuer à acheter les produits sur-emballés et de ne faire pas beaucoup d’effort pour trier. La liste des petits gestes quotidiens est immense, chacun peut faire sa part de colibri et alors les choses commenceront à changer!

Est-ce que le collectif d’architectes et sociologues « Encore Heureux » a pensé à la citation de la porte quand ils ont conçu un pavillon pour la COP21? De toute manière la question du recyclage, de la réutilisation et de la diminution des déchets est au cœur de leurs projets, comme en a témoigné l’exposition « Matière Grise » qui leur était consacrée au Pavillon de l’Arsenal à Paris en 2013/14.

Leur construction pour la COP21, le « Pavillon Circulaire » – qui d’ailleurs n’est pas du tout rond – a été érigée sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris: une « expérimentation architecturale »  autour du réemploi de matériaux de construction.

pavillon
(c) Cyrus Comut

La façade est constituée de 180 portes en chêne provenant d’une opération de réhabilitation d’un immeuble de logements HBM du 19ème arrondissement. La laine de roche servant à l’isolation intérieure a été déposée lors des travaux de la toiture d’un supermarché. Les éléments de la structure bois sont des restes du chantier d’une maison de retraite. Les sols et les murs sont faits de panneaux d’exposition, tandis que le caillebotis de la terrasse extérieure provient de l’opération Paris-Plage. En guise de mobilier, cinquante chaises en bois ont été collectées dans les déchetteries parisiennes, réparées puis repeintes, et les suspensions lumineuses proviennent des stocks des éclairages publics.

Le pavillon accueillera, comme feu le pavillon M à Marseille, des expositions, conférences, débats, ateliers et un café.

L’agence « Encore heureux » a d’ailleurs aussi été choisie pour assurer la direction artistique de la grande exposition autour des déchets prévue en 2017 au MuCEM !

1000 KM À PIED, ÇA USE, ÇA USE….

Eh oui ça use les chaussures et les gambettes et encore plus si l’on tire une poubelle derrière soi!

Relier Puyricard et Paris à pied, c’était le pari (un peu fou) de Lola Orsoni et Hervé Pighiera (alias « Poubelman ») mais c’est surtout un acte citoyen fort en amont de la COP21. Ils ont parcouru toute la distance à pied car « c’est le mode de déplacement le plus naturel« . Aller à pied ça veut aussi dire être plus attentif à son environnement, regarder autour de soi – et s’en apercevoir des déchets qui jonchent les bords de routes, du petit sentier à l’autoroute…. Hervé c’est donc doté d’une grande poubelle et a ramassé pendant tout son trajet ce que d’autres ont abandonné. Enfin pas tout tout car même un bon gars de 90kg ne serait pas capable de traîner tout un train de poubelles nécessaires pour engloutir toutes les immondices.

Une fois les déchets ramassés, ils sont triés par matériaux (métal, plastique recyclable, verre, papier/carton…) et par type (paquets de cigarettes, mégots, déchets dangereux…) et ensuite il ne reste qu’à trouver les poubelles de tri adéquates pour s’y délester et recommencer.

Le 3 octobre les valeureux marcheurs-ramasseurs sont arrivés à Paris sous un ciel bleu sans nuages, après une dernière étape de 18,5 km et un « butin » de 1.605 déchets, l’équivalent de 21,25 kg!

Tout le périple a pu être suivi via le blog sur http://unemarchepourlenvironnement.com/ et Facebook https://www.facebook.com/unemarchepourlenvironnement et a été jalonné par des belles rencontres. Des inconnus ont soutenu le projet en offrant d’accompagner les marcheurs mais aussi en proposant des gâteaux, un gîte, un café, voire des déchets ramassés à droite et à gauche.

N’hésitez pas à lire le récit des différentes étapes et à vous informer plus en détail sur l’association « Puypuy’net » qui essaie de sensibiliser les enfants et le grand public aux problématiques environnementales.

« REDONNER UN RÔLE SOCIAL À LA CUISINE »

C’est la philosophie du chef Pierre Sang

(c) William Baucardet pour l'Express StylesNé en 1980 en Corée du Sud et orphelin, Pierre Sang est adopté par une famille auvergnate à l’âge de 7 ans. Il apprend à cuisiner en famille avec les restes des repas préparés par sa mère et sa grand mère. Passionné par la cuisine, formé d’abord en région lyonnaise, à Londres et dans son pays natal, le jeune homme se fait connaitre en participant à l’émission « Top Chef » où il arrive en finale. Cette expérience lui permet d’ouvrir son propre restaurant à Paris où il fait cohabiter les saveurs de ses deux patries, celles de la cuisine française et celles plus exotiques de la cuisine coréenne. Aujourd’hui à la tête de deux restaurants à succès il ne se laisse pas gagner par la facilité mais reste un militant. Son approche responsable comprend l’utilisation de produits locaux respectueux de l’environnement, des relations directes avec les commerçants de proximité et une inlassable lutte « anti-gaspi ».

En amont de la COP21 à Paris, Pierre Sang et l’association Fauve proposent une Semaine de la gastronomie circulaire où les restes sont à l’honneur. Le but est de montrer qu’une cuisine saine, savoureuse et abordable pour tous est possible.

Plusieurs ateliers pour adultes et/ou enfants permettent de découvrir « Le potiron sous toutes ses formes », d’apprendre à fabriquer ses smoothies, à faire des gâteaux de Noël avec des produits « bizarres », à adopter des pratiques alimentaires différentes, de s’initier à la cuisine anti-gaspi dès le plus jeune âge mais aussi à découvrir l’utilité de trier les déchets.

Les sommes récoltées sont entièrement reversées à l’association « Partage ».

Pour en savoir plus sur la semaine de la gastronomie circulaire ou pour s’inscrire aux ateliers: http://www.pavilloncirculaire.com/fr/home/10144-semaine-de-la-gastronomie-circulaire.html

Pour savoir plus sur l’association « Partage »: http://www.partage.org/

ou sur l’association Fauve qui veut transmettre les pratiques d’une alimentation citoyenne: http://www.associationfauve.org/

et enfin pour déguster la cuisine de Pierre Sang Boyer, c’est ici: http://www.pierresangboyer.com/

Bon appétit!