L’HOMME PLASTIQUE DU SÉNÉGAL

C’est Modou Fall, ancien vendeur de rue, artiste, musicien et citoyen qui se bat pour éveiller les consciences dans son pays. Et son costume est pour quelque chose dans son combat….

MOUANS-SARTOUX ET LA BONNE GESTION

Eh oui, on peut si l’on veut! Gérée entre 1974 et 2015 (41 ans!!) par André Aschieri – Verts puis EELV – et depuis 2015 par son fils Pierre, la petite commune entre Cannes et Grasse, a su prendre les bonnes décisions au fil des années. Ainsi tous les services publics sont gérés en régie municipale directe: eaux, assainissement, pompes funèbres, ramassage d’ordures, transports et cantines scolaires.

Dans cette région où chaque mètre carré vaut des fortunes, la Mairie a acheté 4 ha en les préemptant à un promoteur pour y planter des légumes bio pour ses cantines scolaires. Depuis 2012 Mouans-Sartoux est la seule ville de France avec des cantines 100% bio (il faudrait peut-être inviter les sénateurs qui ont voté contre l’objectif de 20% bio…)

Mais la Mairie n’a pas seulement instauré le bio dans les cantines mais s’est aussi attelé à diminuer significativement le gaspillage. En 5 ans elle est arrivée à diminuer de 80% les déchets alimentaires dans la restauration  collective – une économie de 20 cents par repas distribué.

Comment les responsables ont-ils procédé? D’abord par – ce qui relèvent du bon sens – en adaptant les portions. Un petiot de maternelle ne mange pas autant qu’un plus grand, cela semble évident! Ensuite les enfants peuvent choisir leur portion – pas tout le monde a toujours le même appétit – mais chacun peut se resservir autant qu’il le veut si c’est particulièrement bon ou que le creux est très gros ce jour là. Une partie des repas est d’ailleurs préparé à fur et à mesure pour éviter de se trouver avec de trop grandes quantités à la fin du service. Les fruits sont proposés en quartiers et les enfants se servent à volonté. Comme c’est la ville via sa régie qui fournit les cantines, les menues sont établis selon la maturité des légumes. Épluchures, feuilles etc. alimentent un lombricomposteur.

Une fois tout le monde rassasié, on pèse les déchets: 3-5 kg pour les 240 enfants contre 25 kg avant.

Alors qui peut encore dire que c’est trop compliqué? top couteux? trop utopiste?


<p><a href= »https://vimeo.com/160240607″>Le plan anti-gaspillage de l'&eacute;cole Fran&ccedil;ois-Jacob &agrave; Mouans-Sartoux</a> from <a href= »https://vimeo.com/user20285862″>Groupe Nice-Matin</a> on <a href= »https://vimeo.com »>Vimeo</a&gt;.</p>

 

EUROPE VS. SACS EN PLASTIQUE

Partout en Europe (et ailleurs) les sacs en plastique posent un problème pour l’environnement et finalement pour la santé publique. Une riposte à ce fléau commence à se mettre en place et cela par différents moyens… Petit tour chez les voisins:

En  Tunisie aussi la guerre est déclarée aux sacs plastiques à utilisation unique – normalement ils seront interdits sous peu – et un groupe très actif sur Facebook se mobilise pour faire changer les mentalités en dénonçant l’incivisme.

Tout le monde peut participer à réduire ce déchet, même sans attendre lois et décrets!

4 QUESTIONS À… BARRY ROSENTHAL

©2016 Barry Rosenthal See Life

FOUND IN NATURE s’appelle une série de photos de cet artiste new-yorkais que je souhaite vous présenter ici. Photographe, sculpteur et « archéologue urbain », Barry Rosenthal a fait ses études au Dayton Art Institute et aux Apeiron Workshops avant de s’installer à New York. « Found in Nature » commence en 2007 quand il arpente les berges des cours d’eau autour de la ville pour ses photographies botaniques. D’une poignée de capsules de bière ramenée et puis photographiée, ses images ont entretemps atteint des formats importants où il met en scène, selon des thématiques, des couleurs, des fonctions ou des matières, des déchets qu’il collectionne maintenant systématiquement. Un tiers de son studio s’est donc transformé en « décharge » – mais rassurez vous il n’est pas atteint du syndrome de Diogène: les objets photographiés sont ensuite recyclés comme il faut.

©2014Barry Rosenthal Work Gloves

Ce travail a permis à Barry de devenir conscient du problème que la pollution des océans représente aujourd’hui dans le monde entier. Et grâce à ses œuvres, qui se trouvent dans des collections et musées mais sont aussi souvent reprises par des magazines, il touche un public large et international.

Barry Rosenthal a consenti à répondre à quatre questions:

  1. Pourquoi avez-vous choisi de montrer des déchets sous un aspect esthétique? – Je n’ai jamais été bon dans le photojournalisme: j’ai toujours raté le bon moment ou mes images étaient trop soignées. Avec le temps j’ai appris quel était mon point fort et ce qu’avait du sens pour moi: des mises en scènes, un travail organisé qui demande du temps et de la patience.
  2. Quel était l’objet le plus dégoûtant que vous avez jamais ramassé (ou ne pas ramassé)? – Des bouteilles en plastique remplies d’urine. Même si cela pouvait donner des images fabuleuses, j’ai du y mettre des limites. On m’a parfois dit que mon œuvre est top poli alors peut-être que je devrais essayer! J’ai une grande collection d’applicateurs de tampax  – curieusement cela me dérange moins que les bouteilles d’urine. Mais ils sont difficiles à photographier. J’ai fait plusieurs essais mais jusqu’à maintenant je n’ai pas encore réussi à produire une image que je souhaite publier. Alors je continue à les collectionner en espérant de trouver une solution.
  3. Quand est-ce que vous avez eu pour la première fois conscience du problème des ordures? – Au début je me suis seulement amusé à collectionner et à photographier mes trouvailles. Mon travail a évolué de petit objets comme des capsules de bouteilles et des briquets en plastique vers des objets plus importants comme des récipients d’huile de moteur ou d’antigel ou des bouteilles de soda. J’ai réalisé que j’étais au milieu d’une sorte de force puissante qui est inlassablement à l’œuvre à souiller les endroits où la terre et l’eau se rencontrent. Mon « éducation » est une expérience de terrain. Il a suffit de me tenir dans ces berges où les déchets s’accumulent pour en prendre conscience.
  4. Quel est votre propre geste quotidien pour l’environnement? – Je continue à ramasser et à enlever des déchets des berges dans le port de New York. Même sans penser à mes photos j’ai probablement enlevé plus d’ordures à moi tout seul qu’une centaine de personnes le font pendant toute leur vie.

Pour savoir plus sur Barry Rosenthal et son œuvre, voilà son site.

©2015Barry Rosenthal Dependency 2
©2015Barry Rosenthal The Wall

 

DESIGN POUR RÉFUGIÉS

Ils ont tout ou presque tout perdu. Ils ont laissé derrière eux leurs maisons, leurs affaires, leurs souvenirs, souvent leurs familles et leurs amis. Ils s’embarquent au péril de leur vie dans un petit canoë précaire et échouent – s’ils ne se sont pas noyés en route – sur des plages en Grèce pour continuer de là leur éprouvant périple vers une vie plus paisible. Sur la plage restent les vestiges de leur passage: des zodiac abimés et des gilets de sauvetage dessinant une bande orangée…

Ce qui s’est souvent perdu lors du voyage ou ne tient plus, c’est les bagages, les sacs, valises et autres baluchons contenant le peu que l’on a pu emporter.

Deux initiatives prennent les choses en main. Des bénévoles hollandais, touchés par ce qu’ils ont vu à Lesbos et ailleurs, ont organisé des ateliers pour apprendre aux réfugiés comment fabriquer des sacs simples, solides et imperméables à partir de sangles des gilets et des coques en plastique des bateaux. Trois outils est tout dont on a besoin: des ciseaux, une poinçonneuse et une riveteuse!

Un autre projet dans le même esprit et en utilisant les mêmes matières premières est en train de se monter à l’aide d’un financement participatif sur Indigogo: NoBorders Backpack. Le collectif « Embassy for the Displaced », dont l’objectif est de développer des solutions pour les migrants, et qui est basé entre Londres, Athènes et Lesbos – où en hiver arrive un millier de personnes par jour (et encore bien plus en été) – souhaite établir une petite production de sacs à dos dans le camp de réfugiés autogéré à Mytilène. Les sommes récoltées serviront à acheter trois machines à coudre, du fil et des cordes élastiques, de verser un petit salaire aux locaux qui travaillent dans cette structure et aussi de développer d’autres produits pour les réfugiés.

Face au désespoir mais aussi au courage des gens qui sont forcés à quitter tout et se trouvent confrontés à l’hostilité de certaines franges de la population européenne tout comme à l’incapacité des gouvernements et institutions de gérer correctement et avec empathie cette crise il est à la société civile de se mobiliser – et heureusement elle le fait comme le prouvent des projets et initiatives un peu partout!

ACTION PLAGE PROPRE

Au Maroc aussi on se rend compte qu’une plage n’est pas une poubelle….

Actuellement un projet de crowdfunding est lancé pour installer sur la plage de Taghazout, destination prisée par les surfeurs, une centaine de poubelles et pour financer un film documentaire pour éveiller les consciences.

A Taghazout se déroule chaque année début janvier le « Roots Surf Fest » (cette année c’était la 3 édition). Sur le programme surf, évidemment, musique mais aussi forums et débats et surtout un grand nettoyage des plages. L’exemple est « I Love My Beach » organisé par la Surfrider Foundation Maroc au cours duquel les bénévoles ont remplis en 2015 12.000 sacs ce qui équivaut au ramassage d’environ 117 tonnes de déchets! L’association est très active au Maroc par exemple en incitant des associations locaux à organiser des événements semblables autour des déchets, à planter des arbres ou à intervenir dans les écoles pour informer sur la pollution et enseigner les bon réflexes du tri.

Pour soutenir les amis de l’autre côté de notre Méditerranée, n’hésitez donc pas à donner quelques sous à leur projet!

LE MAÎTRE VER

Quand les Belges s’y mettent, ça décape… La preuve? Une vidéo complètement déjantée sur le compostage:

Après des années de lutte sans relâche contre l’incinération des déchets organiques, le grand maître Masterworm remet son titre en jeu. Seuls les deux MC’s, Maîtres-Composteurs, les plus vaillants de la capitale belge peuvent prétendre à la ceinture : MC Klik et MC Rien à Dire.
Une vidéo de ce Battle extraordinaire nous est parvenue, il est à présent de votre devoir de partager cet événement de l’underground de l’underground.