LES PETITS MÉTIERS AUTOUR DES DÉCHETS (1)

A’mâl nazâfa (Egypte) :

Littéralement « businessman de la propreté ». Le terme est utilisé par les chiffonniers aisés pour se désigner des zabbalîn, dénomination qui a pour eux une connotation négative. Il illustre leur volonté de se positionner en tant qu’entrepreneurs intégrés dans un marché structuré.[1]

Agent du tri

Appelé aussi récupérateur, il réalise manuellement la séparation des produits de la collecte sélective admis sur une chaîne de tri (tapis roulant) et assure la manutention des balles de déchets compactés : conduite d’un engin de manutention. (Lise Debout)

Biffin

Dérive de « biffe », étoffe rayée puis, par extension, chiffon sans valeur que récupère le chiffonnier. Avant le XXème siècle, les noms donnés aux récupérateurs varient selon les régions où ils agissent. Ces noms servent à s’annoncer, en criant, à ceux qui veulent se débarrasser de vieilleries. Le chiffonnier est ainsi le « biffin » à Paris, le « pelharot » dans l’Ariège et l’Aude, « pilhaouer » et « pillotou » en Bretagne etc. (De Silguy, 1996).

En Provence, le chiffonnier était appelé estrassaire. Parcourant les rues des villes et des villages, avec dans sa hotte une multitude de chiffons et autre rebuts, à vendre ou à récupérer, l’estrassaire était le chiffonnier de l’époque. Le nom vient du provençal « Estrasso », qui se traduit par loque ou vieux linge. L’estrassaire récupérait également les peaux de lapins, peaux de lièvres, qui servaient ensuite à la confection de chapeaux de feutre. Ce gagne-petit parcourait inlassablement les villages de Provence, avec son sac sur l’épaule, parfois aidé d’une charrette tirée par un âne. De maison en maison, il s’annonçait en criant, comme c’était d’usage parmi tous les marchands ambulants à la recherche de clients, : « Estrassaire, chiffonnier ! ». Il collectait tout, avec des préférences pour le coton, plus facile à vendre aux fabriques de papier, et des peaux de lapin. Il récupérait aussi des matériaux moins nobles, tels que bouchons de liège, vieux papiers, vieilles nippes, ou encore de la ferraille. Lorsque les villageois l’entendaient arriver, généralement tous les 15 jours, ils se dirigeaient vers l’estrassaire les bras chargés de caisses, ou de sacs remplis. Il les accueillait avec son peson pour estimer le poids, et payait ces estrasses avec quelques pièces de monnaie. L’estrassaire n’avait pas une bonne réputation dans les villages et on s’en méfiait. C’était pourtant des honnêtes gens à qui on s’adressait pour se débarrasser d’objets inutiles. Ce métier occupe une place importante parmi les personnages de la crèche de Noël provençale

(Claudia Cirelli & Bénédicte Florin, Sociétés urbaines et déchets. PUF 2015)

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